Les centres d'addictologie se renforcent

LUTTE CONTRE LA TOXICOMANIE

La consommation des drogues a pris de l’ampleur au Maroc. Le ministère de la Santé a mis en place une stratégie globale et intégrée afin de combattre ce fléau.

Le Maroc a toujours eu un temps d’avance concernant la prise en charge des personnes addicts. Les pouvoirs publics et la société civile, la Fondation Mohammed V pour la solidarité, s’engagent fortement dans ce combat contre la drogue, notamment à travers la création de centres d'addictologie. Aujourd’hui, le Royaume en compte une douzaine, à Rabat, Oujda, Nador, Tétouan, Marrakech, Casablanca, Tanger (3), Agadir, Meknès et Fès. Des services spécialisés ont été également créés dans les CHU de Casablanca et Fès. D'autres suivront à Meknès, Al-Hoceima, Larache, Ksar Lakbir, Assila, Chefchaouen, Berkane et Kénitra. A ce jour, 27.820 patients ont été accueillis dans les différents centres, selon les chiffres du ministère, dont 6.690 profitent encore de leurs prestations. Les programmes de maintenance à la méthadone ont profité à 1.629 personnes, dont des détenus. Par ailleurs, 41 infirmiers, 16 médecins spécialisés et 8 équipes d'intervention ont été mobilisés.

Les derniers chiffres officiels remontent à la période 2003-2006. Selon une étude de l'Observatoire national des drogues et des addictions, le Maroc compte 800.000 usagers de drogues. La prévalence moyenne de l'usage des drogues est de 4,1% de la population de 15 ans et plus, dont 93% consomment le cannabis, 2% l'alcool (465.606 personnes), 0,18% des psychotropes, 0,04% des solvants et 0,05% de la cocaïne.

Consolider les acquis Les habitants des villes du nord du pays sont les plus exposés à la poudre blanche. A Tanger, l’un des premiers centres de traitement avec les produits de substitution, la méthadone, a vu le jour dès 2008. Le plan stratégique national 2018-2022 lancé par le département de la Santé est venu consolider ces acquis et développer des réponses de plus en plus diversifiées et adéquates aux besoins des populations à risques. Celui-ci s’est traduit par une offre de soins et services visant la prévention universelle chez les populations vulnérables, notamment les enfants, les adolescents et les jeunes, le traitement médical et psychothérapeutique, la réduction des risques liés à l’usage des drogues par voie injectable et la réinsertion psycho-sociale. Le plan prévoit notamment d’assurer l'accès aux soins des usagers de drogues dans les établissements de santé et dans les prisons, de promouvoir les centres de suivi psycho-social, de soutenir le programme national pour diminuer les risques de l'usage des drogues, de renforcer la santé mentale et préventive ainsi que le diagnostic précoce des troubles liés à l'usage des drogues, l'offre de soin et les ressources humaines ainsi que la lutte contre la stigmatisation des usagers de drogues.

Pour assurer la réussite de ce programme, le ministère de la Santé a adopté d’autres mesures dans le cadre de la stratégie nationale, dont l’élargissement du réseau de couverture au niveau des centres d'addictologie, le renforcement des compétences et des formations au profit des professionnels du secteur, l’approvisionnement en médicaments des troubles d'addiction et la subvention des programmes préventifs des maladies infectieuses.


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