L’instabilité des clubs marocains

VALSES DES ENTRAÎNEURS

Comme chaque année, la Botola vit au rythme des nombreux changements d’entraineurs. A mi-février pas moins de 11 formations ont changé de coach, certains clubs abusant même de ce ressort, à l’image du Wydad Casablanca ou du Kawkab de Marrakech. Inquiétant.

Cinq petits matchs et puis s’en va! Aziz El Amri a été licencié sans ménagement, ce mardi 19 février 2019, du Kawkab de Marrakech alors qu’il occupait le poste d’entraineur depuis le 26 décembre 2018 en remplacement de Fouzi Jamal. L’ancien coach du Moghreb de Tétouan n’est pas le seul à subir les foudres des dirigeants des clubs de la Botola. Au total, et depuis le début de cet exercice, dix clubs ont changé d’entraineur au moins une fois. Le CRA, le DHJ, le KACM, l’AS FAR, le Wydad, l’IRT, le Raja, le MAT et l’OCK se sont tous séparés de leurs techniciens. Soit plus de la moitié des clubs présents en première division cette saison. Les mauvais résultats poussent trop souvent les présidents de clubs à changer radicalement leur plan.

Tanger ouvre le bal
Cette tendance n’est pas nouvelle dans notre championnat d’élite mais cette saison, les choses n’ont pas traîné. Le limogeage de Driss Lamrabet de l’Ittihad de Tanger s’est déroulé à l’issue de la troisième journée du championnat après trois matchs nuls consécutifs. Une hérésie lorsque l’on sait que le technicien marocain avait apporté, quatre mois plus tôt, le premier sacre du club du Détroit en Botola. Son remplaçant, le Tunisien Ahmed Ajlani n’aura tenu que trois petits mois avant d‘épuiser son crédit auprès de ses dirigeants.

La malédiction du sacre, cette fois-ci continental, a empoisonné le parcours de l’Espagnol Juan Carlos Garrido avec le Raja Casablanca. Après avoir offert la Coupe de la Confédération africaine au public rajaoui, l’ancien entraîneur de Villarreal a trébuché face à l’Etoile du Sahel en Coupe arabe. Résultat: seulement quelques heures après, il a été démis de ses fonctions le 28 janvier 2019 et remplacé par Youssef Safri, assisté par Bouchaib Lambarki, avant que Patrice Carteron ne soit nommé nouvel entraineur.

Le WAC consomme trois entraîneurs
Le Wydad détient la palme d’or des entraîneurs engagés et limogés pour une seule saison puisque Abdelhadi Sektioui démissionne en septembre 2018 quelques jours après l’élimination du Wydad en quarts de finale de la Ligue des Champions, face à l’Entente de Sétif. Il est remplacé par René Girard, qui sera à son tour limogé quelques semaines après pour être remplacé par le Tunisien Faouzi Benzarti. Les dirigeants de l’AS FAR, qui a signé l’un des débuts de saison les plus catastrophiques de son histoire, a également débarqué M’hamed Fakhir et a choisi l’Espagnol Carlos Alos Ferrer, pour piloter l’équipe militaire et la remettre sur les rails. L’entraîneur sortant n’est autre que M’hamed Fakhir, une figure du football marocain. Entre les deux, Abdelhafid Abdessadek et Mouhcine Bouhlal avaient temporairement pris les commandes de l’équipe.

Pour les mêmes raisons, le Difaâ d’El Jadida s’est séparé de son entraîneur Hubert Velud, suite à une série de mauvais résultats. Pour remplacer le Français, le DHJ s’est orienté vers un vétéran, Badou Zaki, de retour au Maroc après une expérience contrastée en Algérie. Il s’agit ainsi du deuxième entraîneur qui sera limogé par la DHJ en une seule saison. Hubert Velud avait rejoint le club doukkali en novembre 2018, pour une durée de 3 ans, succédant au coach marocain Abderrahim Talib.

Badou Zaki de retour
Dans cette lignée, le Moghreb de Tétouan vient de se séparer de Abdelouahed Ben Hssain pour engager l’ancien international marocain Tarik Sektioui, l’Olympique de Khouribga a fait appel aux services de Rachid Taoussi pour remplacer Amine Benhachem, alors que le Chabab Rif Al Hoceima a, de son côté, congédié son entraîneur Mimoun Ouaali pour placer Pedro Benali sur le banc.

Par contre, six clubs font encore de la résistance face à ce phénomène. Le FUS de Rabat, le Hassania d’Agadir, le Youssoufia de Berrechid, le Rapide Oued Zem, la Renaissance de Berkane et le Mouloudia d’Oujda font toujours confiance à leur technicien depuis le débit de saison. Mais jusqu’à quand?


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