66 milliards de dirhams partis en fumée

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Délinquance. Véritable fléau pour le milieu des affaires, le chèque irrégulier porte une grave atteinte à la crédibilité des transactions commerciales et financières. Les banques sont sollicitées à plus de réactivité dans la communication des informations.


Les chèques en bois continuent  de faire des ravages dans  l’économie marocaine. Si  leur nombre a légèrement baissé  pendant le premier semestre  2015, selon les chiffres de Bank  Al Maghreb, les montants qu’ils  représentant totalisent la somme  colossale de 66 milliards de  dirhams. Des pertes considérables  principalement pour les petites et  moyennes entreprises (PME). Une  entreprise victime d’un chèque  en bois rencontre de sérieuses  difficultés de trésorerie. D’où un effet  boule de neige sur ses fournisseurs  et donc sur la chaîne économique  qui l’entoure. Les chèques en bois  représentent aujourd’hui 7% du  PIB. Ce qui est énorme pour une  économie comme la nôtre.


Cette forme de délinquance  économique, vieille de plusieurs  décennies, constitue un véritable  cancer qui gangrène les milieux  des affaires et qui porte une  grave atteinte à la crédibilité des  transactions commerciales et  financières. Pourtant, du côté de  Bank Al Maghrib, tout est mis en  oeuvre pour dissuader les émetteurs  de chèques en bois, notamment à  travers des amendes, des peines de  prison ou l’émission de directives  permettant de sécuriser les systèmes  de paiement et redonner du crédit  au chèque qui devrait être considéré comme un moyen de paiement  ultra-fiable. La Banque Centrale  travaille actuellement à l’ouverture  aux commerçants du fichier des  chèques irréguliers. Il s’agit d’une  sorte de Crédit Bureau qui devrait  permettre aux opérateurs de mieux  apprécier le risque lié à un chèque.


Les récidivistes fichés à vie
Dans les faits, les banques seront  tenues de transmettre au service de  centralisation de chèques irréguliers  toutes les informations concernant  les chèques qui posent problème.  Ces informations touchent le  destinataire du chèque, le détenteur  du compte et la solvabilité de  l’émetteur. Le commerçant ou  l’entreprise pourront alors vérifier si le compte de la personne qui  lui a remis le chèque ne pose  aucun problème. Les récidivistes  sont menacés de fichage à vie à la  banque centrale.


Autre mesure importante et non  des moindres: les banques devront  manifester plus de réactivité dans  la communication des informations  au plus tard au lendemain des  dysfonctionnements. Beaucoup  pensent que ces nouvelles mesures,  si elles voient jour, pourront  apporter une solution au problème  des chèques en bois.  A fin 2014, les interdits de chèque  ont augmenté de 3,5%, à 579.037.  Les particuliers représentent plus de  90% du total.


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