77è anniversaire de la naissance de Mohamed Amine Demnati



Mort à 29 ans seulement, l’artiste peintre Mohamed Amine Demnati a laissé derrière une œuvre qui a inscrit son nom dans le marbre.

Né à Marrakech le 15 janvier 1942, soit 77 ans jour pour jour, Mohamed Amine Demnati a suivi ses études primaires et secondaires à Casablanca où il a intégré, après le Brevet d'études du premier cycle du second degré (BEPC) la section des arts appliqués au collège Mers Sultan. À Paris, il poursuit ses études à l’École des arts appliqués et y organise sa première exposition en 1961.
De retour au Maroc, Amine Demnati expose à Rabat, Marrakech et Casablanca et participe aux débats sur la situation des arts au Maroc et à la création de l’une des premières associations des plasticiens marocains. Il est mort en 1971 à Rabat. Cela n’a pas empêché les critiques d’art et les connaisseurs à travers le monde de considérer son œuvre comme immortelle. Une œuvre qui continue de fasciner par sa finesse, sa qualité et ses choix de couleurs.

Il faut dire qu’à ses débuts, Amine Demnati pratique une peinture figurative : mendiants accroupis, cireurs ou natures mortes et paysages de villes aux murs fermés cernés de traits noirs. Puis sa démarche évolue vers une représentation plus suggérée. Les personnages, groupés ou isolés sur des esplanades, sont évoqués en filigrane, les couleurs s’affi nent (des bruns, des ocres, des noirs) et les ruelles se vident. Demnati essaie de créer une harmonie dans ses toiles, harmonie des couleurs principalement.

Ce qui intéresse Demnati, c’est le corps et son vêtement, le mouvement et l’équilibre, avec une tendresse particulière pour la femme et la féminité, mais l’oeuvre est multiforme. Il y a chez Demnati un humour qui apparaît dans les séries consacrées aux golfeurs en habits traditionnels, ou aux «papillons», ces serviteurs transformés en derviches tourneurs ; d’autres séries font une incursion dans le champ de l’abstraction. Parfois, le même thème est traité à l’huile, ou en lithographie, tapisserie, ou zelliges, voire en vitrail, où Demnati retrouve la fascination de la transparence et de la lumière.

Un beau livre a été consacré à la vie et à l’œuvre de Amine Demnati a été publié en 2017, à l’occasion du 46è anniversaire de sa disparition. Un livre signé intitulé «Amine Demnati, vingt-neuf printemps, un été» signé du critique d’art Maurice Arama, et une grande exposition lui a été réservée au Musée Mohammed VI d’art moderne contemporain à Rabat.

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