Abdelah El Haj Sadek Membri défie la police espagnole

Le Messi du haschisch

Le trafiquant de drogue marocain, mis en liberté sous caution, a traversé la Méditerranée afin d’échapper à des pressions policières.

Messi s’est échappé. Ce n’est pas le footballeur du FC Barcelone, mais Abdelah El Haj Sadek Membri, surnommé le Messi du haschisch et à qui l’on prête d’être l’un des principaux narcos en Espagne. Né à Tanger il y a 35 ans, il a rapidement traversé la Méditerranée avec sa famille pour s’établir à Algesiras, dans l’extrême sud de l’Espagne. En grandissant, il est devenu en très peu de temps l’un des narcotrafiquants les plus importants de la région gagnant même le surnom Messi du haschisch.

Pourquoi ce surnom? «Dans les relevés d’écoute de la police, il décrochait en répondant “Allo, c’est Messi à l’appareil”», explique le journaliste Andros Lozano, qui a eu accès à l’enquête. Abdelah El Haj Sadek Membri pense être la réincarnation du joueur du Barça mais avec une spécialité différente, celle de dribbler les autorités en infiltrant des paquets de drogues au moyen de canots à moteur. D’après la police, il a réussi à vendre 300 euros le kilo de drogue transportée, sachant que certaines de ses embarcations peuvent en contenir plusieurs tonnes. Il peut se targuer lui aussi d’être l’égal de l’Argentin, au moins financièrement car sa carrière de footballeur s’est arrêtée au niveau amateur.

“Harcelé physiquement”
Arrêté en novembre 2017 par la police espagnole après une première cavale au Maroc, le trafiquant de drogue marocain, inculpé pour trafic de drogue, blanchiment d’argent et appartenance à une organisation criminelle, avait été rapidement libéré sous caution après avoir versé 80.000 euros et accepté l’obligation de comparaître chaque jour devant les tribunaux d’Algesiras jusqu’à la date de son procès, qui ne devrait pas avoir lieu avant 2020. Voici que le 13 mars 2019, le Messi du haschich annonce dans une lettre envoyée à l’agence Europa Sur, qu’il allait à nouveau «disparaître pendant un temps».

Sa deuxième cavale, confirmée par ses avocats est liée à «la pression de la police» dont il a fait l’objet ces dernières semaines. Une période au cours de laquelle les forces de sécurité espagnoles ont porté plusieurs coups aux réseaux de trafiquants de stupéfiants du détroit de Gibraltar, dont le clan connu de Los Castañas, dont Abdelah El Haj Sadek Membri fait partie.

«La semaine dernière à Madrid, j’ai été l’objet d’un véritable guet-apens. Une voiture m’a suivi jusqu’à l’hôtel où je résidais avec ma famille, et j’ai été harcelé physiquement, craignant pour mon intégrité au point que la sécurité de l’hôtel a dû intervenir», racontet- il. «Tous mes mouvements sont soumis à un contrôle policier incessant, ma famille est également harcelée», ajoute ce père de deux enfants, qui dit souffrir de dépression à cause de cela. Il affirme également que la police incite son entourage à l’accuser «faussement de commettre des actes illicites » avec lesquels il assure n’avoir rien à voir. L’unité judiciaire de la police espagnole a déjà activé le protocole de recherche pour tenter de localiser le plus rapidement possible le trafiquant de drogue.

S’il a longtemps été considéré comme le chef de file de la plus grande organisation de trafic de haschich opérant en Espagne par le détroit de Gibraltar, sa défense affirme qu’il est à l’écart de toute activité criminelle depuis un certain temps et qu’il n’a aucun lien avec les mafias du détroit. À l’instar de Lionel Messi, Abdelah possède sans nul doute une intuition unique pour tromper ses adversaires et les policiers.


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