Abdelwahab Meddeb, "Islam, la part de l'universel"

Abdelwahab Meddeb est un penseur libéral et érudit qui avait à coeur de donner des clefs de compréhension à un plus large public et de donner à entendre un courant humaniste pensé à partir du monde arabe.

Vient de paraître aux éditions En Toutes Lettres, Islam, la part de l’universel, de Abdelwahab Meddeb. Ce second ouvrage de la collection Traduction est la réédition de la version originale publiée en 2003 en français, accompagnée de sa traduction arabe inédite par Mohammed Zernine. Ce dernier est l’auteur de nombreux travaux remarqués en sociologie et de traductions en sciences humaines (Négib Bouderbala, Abdellah Hammoudi…). Il a également une grande expérience dans le domaine de l’enseignement et de la pédagogie, qui le rend attentif aux enjeux de transmission du savoir.

Ce texte rappelle la dimension humaniste de la civilisation musulmane et son apport considérable à des domaines comme l’architecture, les mathématiques, les sciences politiques, la théologie, etc. Le livre de A. Meddeb n’est ni plus ni moins qu’«un plaidoyer plein d’optimisme et de conviction érudite». Il est grand temps, dit-il, de renouer avec l’esprit qui a permis à la civilisation arabo-musulmane de contribuer à l’enrichissement de la civilisation humaine. Non, dit-il, pour islamiser la modernité, mais pour construire collectivement un vivreensemble universel.

L’auteur insiste plus que jamais sur «la construction civilisationnelle qui procède par assimilation, mélange, fusion et par le développement créateur de nombreux éléments venant de civilisations différentes». Il, souligne, nous dit Mohammed Zernine, «la continuité innovante et créatrice entre ce qui précédait et ce qui suit». Pour lui, ce principe de synthèse est aujourd’hui toujours à même d’inspirer une éventuelle contribution des Arabes et des Musulmans à un vivre-ensemble universel.

C’est en nous faisant prendre conscience de cette continuité historique que Abdelwahab Meddeb nous fait apparaître l’Islam dans son universalité, comme identité ouverte et non repli sur soi. Ainsi, nous dit A .Meddeb «oublier que l’Islam est une religion et une civilisation et le réduire à un islam politique ne peut que générer des discours et des pratiques totalitaires, condamnant toute ouverture sur la pensée de l’autre».


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