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Abderrezzak Zraidi : "Le nouveau modèle de développement au Maroc est une révolution économique en marche"

Abderrazzak Zraidi n’arrête pas de bouger. De se déplacer dans les quatre coins du pays à la recherche de meilleures opportunités à même de relancer la machine économique et peaufiner son approche pour le nouveau modèle de développement. Non seulement il est actif au Maroc en tant que fondateur du Think Tank Roa Visions, mais aussi à l’étranger puisqu’il est depuis la fin 2019 le président de la Chambre de commerce Maroc-Brésil-Afrique, dont il a lancé les premières consultations avec les professionnels marocains mardi 21 janvier 2020.

Dans ce cadre, il a déclaré à Maroc Hebdo qu’en tant que « président de la chambre de commerce Maroc-Brésil-Afrique, je peux vous dire que depuis ma nomination récente par la fédération des chambres de commerce brésilienne dont le siège est à Sao Paolo, j’ai pris des contacts, entre autres, avec des industriels et des agriculteurs qui ont un potentiel d’exportation. De même avec des distributeurs qui aspirent à diversifier leurs marchés d’approvisionnement. N’oubliez pas que le Brésil est le deuxième exportateur des produits agricoles et alimentaires dans le monde. Mais à mon sens, ce pays gigantesque est resté méconnu par le secteur privé marocain… C’est dans cet esprit que la chambre de commerce Brésil-Maroc-Afrique a eu l’idée d’organiser le 21 janvier 2020 la première rencontre de consultations avec les professionnels marocains. C’était avec la direction de la chambre de commerce de Rabat. » Avant d’ajouter que « cette rencontre du 21 janvier intervient à un moment où le Maroc a lancé les consultations pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement et dans ce cadre, les expériences de pays comme le Brésil peuvent être intéressantes à étudier. »

Quand on lui pose la question sur sa vision, lui en tant que président de la commission des cadres du RNI, également entrepreneur, il est intarissable. Aussi bien dans le domaine de l’enseignement, la santé et l’incitation à l’investissement, il a des idées qu’il compte défendre et faire valoir. « D’abord, dit-il, je comprends l’appel de SM le Roi à l’élaboration d’un nouveau modèle de développement comme le début d’une révolution économique. Nous considérons que le secteur de la santé et de l’éducation sont prioritaires. Dans ce cadre, nous appelons à la mise en place du médecin de la famille. C’est un maillon essentiel qui permettra au pays de résoudre d’énormes problèmes en matière de santé. Les villes et villages doivent être bien couverts par les centres de soins et dans chaque région, il faut un Centre hospitalier universitaire. Nous appelons également à un contrôle strict des cliniques privées aussi bien en termes de tarification que de qualité de service. Pour l’enseignement, il n’y a pas mille chemins : il faut renforcer l’enseignement de base et celui des langues dès les premières années. Il faut un système d’orientation plus adapté. L’enseignement privé doit lui aussi être sous contrôle et les communes seront appelées à construire des écoles et élaborer avec les représentants du ministère de l’Education les programmes spécifiques à la région… Cela doit aller en parallèle avec le développement de la machine économique. Autrement dit, rendre notre industrie, notre agriculture et notre tourisme plus compétitifs. »

Pour y parvenir, M. Zraidi a son mot à dire. Un préalable d’après lui : la bonne gouvernance et une administration à l’écoute du citoyen et des investisseurs. « Cela ne nécessite pas d’argent, mais plutôt une réorganisation de l’administration pour plus d’efficience. Quand un entrepreneur attend un mois ou plus la signature d’un document qui ne nécessite pas autant de temps, il ira voir ailleurs. C’est à partir de là que le climat de confiance peut s’installer. Ensuite, il faut s’ouvrir sur de nouvelles expériences économiques, dont celles de l’Amérique Latine et de l’Asie. Le modèle européen a atteint ses limites. C’est pour cela que l’action de la Chambre de commerce Brésil-Maroc peut avoir un apport certain pour la relance de l’économie nationale, seul moyen à même de combattre les disparités sociales… », détaille-t-il.

Pour revenir à la Chambre de commerce Maroc-Afrique-Brésil, M. Zraidi rappelle que « le Brésil est une puissance économique mondiale, c’est un pays ouvert sur le monde qui a toujours privilégié l’approche win-win. Avec une priorité pour la coopération Sud-Sud. Ce beau pays, qui n’impose pas de visas aux Marocains, s’ouvre sur le marché marocain. Mon vœu le plus cher est que les entrepreneurs marocains s’ouvrent aussi sur le Brésil. Il y a beaucoup à gagner. En 2019, le volume des échanges entre nos deux pays a atteint 1,4 milliard de dollars, dont 900 millions d’exportations marocaines. Ce sont quelque 55 mille touristes brésiliens qui ont visité le Maroc en 2018 contre 45000 une année auparavant. »


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