Abderrezzak Zraidi: La rentrée politique est en déphasage par rapport aux orientations royales


Abderrezzak Zraidi, cadre RNI, président du Think Tank Roa Vision 

Maroc Hebdo : Quel regard portez-vous sur cette rentrée politique 2019/2020 ?
Abderrezzak Zraidi : Je trouve que la rentrée politique actuelle est timide. Décevante même. Elle est loin d’être en phase avec les orientations royales formulées dans les deux derniers discours du Souverain, à savoir celui de la fête du Trône et celui du 20 août. Pour le moment, le chef du gouvernement se contente de faire des consultations avec les chefs des partis de la majorité mais sans plus. Il ne définit pas de cap, ni n’insuffle une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale. Le constat que je fais est certes alarmant, mais c’est un fait : il n’y a pas de vision stratégique qui puisse dépasser le factuel. Le gouvernement joue les pompiers essayant de désamorcer certaines crises : étudiants de médecine par exemple, mais sans solution de longue terme.

Que faut-il faire alors ?
Abderrezzak Zraid : Comme je vous l’ai dit, je fais un constat. Et dans ce même cadre, je pense que le gouvernement se doit de bousculer certaines limites, franchir certaines lignes en ayant le courage de prendre les décisions qu’il faut. Quitte à ce que certains partis perdent en terme électoral s’il le faut, mais il urge de proposer des solutions choc pour lutter contre la pauvreté, réduire le chômage et booster le pouvoir d’achat des Marocains.  D’ailleurs, notre parti le RNI a élaboré un programme ambitieux appelé le Voie de la confiance. Dans ce document, il y a une série de mesures de nature à redonner confiance aux Marocains en lançant les bases d’un nouveau modèle de développement économique et social. Le parti qui depuis deux années au moins a multiplié les rencontres avec la population dans diverses régions du Maroc et qui a été aussi à la rencontre des MRE dans plusieurs pays dispose aujourd’hui de compétences de haut niveau y compris des MRE qui peuvent apporter une contribution sérieuse aux plans de développement du pays. Il s’agit d’une véritable valeur ajoutée.


Concrètement cela veut dire quoi ?
Abderrezzak Zraidi : Pour rester dans ce cas des MRE, il y a des compétences qui occupent de grands postes de responsabilité au sein de grandes entreprises industrielles  ou de centres de recherches scientifiques, en Allemagne, aux Etats Unis, au Canada et j’en passe. Ces Marocains ont besoin d’une visibilité au Maroc. D’un programme clair établi par le gouvernement et beaucoup d’entre eux sont prêts à rentrer au pays. Malheureusement ce n’est pas le cas aujourd’hui. Des dizaines d’entre eux sont membres du RNI ou des sympathisants.
Il y aussi l’agriculture. Il faut capitaliser sur les acquis réalisés dans ce domaine pour pouvoir créer et consolider une classe moyenne rurale comme l’a voulue SM le Roi. Il y a certes des défaillances mais il y a beaucoup d’acquis depuis que Aziz Akhannouch, président du RNI, est ministre de l’Agriculture. Et il faut surtout s’attaquer sérieusement au secteur de l’enseignement pour offrir aux générations futures un avenir plus serein et un un horizon bouché comme c’est le cas aujourd’hui. Il ne s’agit pas de déclarations en l’air mais de propositions que le RNI a détaillées dans son plan d’action. Tout cela sera d’ailleurs débattu les 20 et 21 septembre 2019 lors des travaux de l’université d’été des jeunes RNI à Agadir où la direction du parti sera présente pour encadrer, donner des clarifications et prendre en compte les propositions des jeunes. Il y aura plus de 5000 participants


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