Ahmed Ouihmane condamné à un mois de prison

Un activiste sulfureux

Le président de l’Observatoire de lutte contre la normalisation avec Israël s'est rendu coupable d’outrages et violences à fonctionnaire public.

Un mois, c’est la période de temps que le militant pro-palestinien Ahmed Ouihmane devra finalement passer en prison: dans son jugement rendu le 7 novembre 2019, le tribunal de première instance de la ville d’Errachidia a estimé que l’intéressé s’était bien rendu coupable d’outrages et violences à fonctionnaire public lors du sit-in de protestation qu’il avait tenu le 24 octobre 2019 au Salon international des dattes (Sidattes), dans la ville d’Erfoud, contre la participation présumée d’une entreprise israélienne. C’est la première fois que M. Ouihmane se retrouve donc derrière les barreaux en raison de ses activités à la tête de l’Observatoire de lutte contre la normalisation, qu’il avait participé à créer au tournant de la décennie, pour, comme l’indique son nom, lutter contre la normalisation avec Israël.

Entrées iraniennes
Pour ses soutiens, il ne s’agit rien de moins que d’une vengeance des autorités contre son engagement vu comme dérangeant, et certains vont même jusqu’à assurer que les accusations à son encontre seraient dénuées de tout fondement: des vidéos l’accablant ont, pourtant, été largement relayées sur les médias sociaux et montrent M. Ouihmane en train d’asséner un coup de poing à un caïd. «La catastrophe est que la lutte contre la normalisation devienne un crime pour laquelle les militants sont poursuivis au lieu de poursuivre les normalisateurs,» a notamment déclaré le vice-président du bureau politique du mouvement palestinien du Hamas, Moussa Abou Marzouk. La réaction personnelle de ce dernier est, au passage, pour illustrer la taille du réseau et le soutien dont dispose M. Ouihmane non seulement au Maroc, mais dans beaucoup de pays musulmans.

Le militant originaire de la province de Midelt, dans la région de Drâa-Tafilalet -il y a vu le jour au début des années 1960-, a notamment des entrées en Iran: en février 2017 il s’était retrouvé dans la capitale iranienne, Téhéran, à la sixième conférence internationale pour le soutien à l’intifada palestinienne. Certains sont plusieurs fois allés, à partir de là, jusqu’à l’accuser de servir des agendas étrangers, surtout après ses déclarations controversées de décembre 2015 faisant de la Palestine une question plus prioritaire que le Sahara marocain.

En contrepartie, M. Ouihmane n’a cessé de brandir, au cours des dernières années, la menace d’une division du Maroc en cinq républiques amazighes soutenues par Israël, qui ainsi trouverait dans la région des Etats alliés. Il avait notamment trouvé appui chez l’ancien porte-parole du Palais royal, Hassan Aourid, qui avait affirmé, en février 2018, que «ses propos ne doivent pas être pris à la légère». En raison de son engagement, M. Ouihmane croit être la cible d’une tentative d’assassinat de la part des services de renseignement israéliens, comme il l’avait affirmé en mars 2018. Mais, le connaissant, M. Ouihmane ne devrait pas de sitôt mettre fin à son activisme, en dépit de sa condamnation...


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