Ahmed Réda Chami président du CESE


Un parcours d’exception


Réda Chami est nommé par S.M. le Roi à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le 3 décembre 2018, en remplacement de Nizar Baraka.

Il y a des parcours, même synthétisés, qui sont plus parlants que d’autres. Ce n’est pas pour rentrer le propos dans le moule d’un registre d’écriture particulier. C’est plutôt la particularité de l’homme en question qui parle pour lui, comme pour lire son propre parcours. Ahmed Réda Chami confirme cet exercice, à sa manière. Tout au long de son itinéraire, il alterne les études et les expériences d’implication professionnelle, souvent de responsabilisation pratique.

Autrement dit, la quête de la connaissance et la mise à l’épreuve par l’exercice sur le terrain et ses révélations instructives, parfois complètement inédites. C’est ainsi qu’Ahmed Reda Chami est à la fois ingénieur avec tout ce que cela implique de rigueur technique et homme politique, un domaine où l’aléatoire, le paradoxal et souvent l’irrationnel prédominent. Avec une maîtrise visible de son sujet du jour, il passe allègrement de l’un à l’autre. Ce natif de Casablanca en 1961 s’est délocalisé à deux reprises pour raison d’études. Une première fois en France pour préparer un diplôme d’ingénieur des arts et manufactures à l’École centrale de Paris, en 1985, et une deuxième fois aux USA pour un MBA à Los Angeles, en 1989.

Au niveau de l’acquisition par la confrontation avec la réalité, M. Chami a été directeur général de la Centrale laitière-nord entre 1989 et 1991. Puis il s’engage un peu plus pour son propre compte en créant deux entreprises d’informatique Distrisoft et Omnidata. Il accepte ensuite l’offre de Microsoft pour y occuper le poste de directeur général de la société en Afrique du Nord et de l’Ouest; puis directeur régional de Microsoft en Asie du Sud-Est, à Singapour, entre 2001 et 2004. Comme pour répondre à l’appel du pays, il décide de rentrer au bercail, à partir de 2004. Il repart à la conquête de l’entreprise privée, à laquelle il s’est déjà frotté auparavant. Il est directeur général du groupe marocain Saham, où il assume la responsabilité des services centraux; de même qu’il est chargé de mener à leur terme les projets du groupe et les suivis de certaines filiales, telles les assurances Saada et Mondial assistance du Maroc.

Le sens d’un engagement
M. Chami semble procéder par palier dans son approche de la situation socio-économique du pays, lorsqu’il milite dans des structures de la société civile telles l’ONG Zagoura ou l’association des bonnes oeuvres du coeur. Pour donner un sens à cet engagement caritatif il franchit la ligne fictive de séparation en adhérant à l’USFP, dont il devient membre du Conseil national en 2010. Il participe à ce titre à la préparation du programme économique du parti lors de la campagne électorale des législatives de 2007. Sa contribution est récompensée en étant élu député à la circonscription Fès-Sud à la Chambre des représentants. Tout indique que la vie politique l’attire et lui réussit. En novembre 2007, il est nommé ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies dans le gouvernement de Abbas El Fassi. Son passage à ce poste de responsabilité ministérielle ne passe pas inaperçu.

En février 2016, il est nommé ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne. Une fonction qu’il a occupée jusqu’au moment où il est rappelé au pays pour présider le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le 3 décembre 2018, en remplacement de Nizar Baraka. La reprise en main de cet organisme n’est pas facile pour deux raisons. Un. Le défi à relever consiste à insuffler un peu plus de vie à une institution d’études et de réflexion, jusqu’ici reléguée aux tiroirs moisis de la Constitution; empêchant qu’elle passe par pertes et profits d’une démocratie en construction. L’autre difficulté concerne le remplacement de Nizar Baraka, qui n’est pas chose facile vu l’envergure politique du leader de l’Istiqlal

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