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Algérie : Le scrutin de tous les dangers

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN ALGÉRIE

Cinq candidats se présentent au scrutin présidentiel, prévu le 12 décembre 2019. Face aux Algériens qui continuent de manifester dans la rue, cette élection ne semble susciter aucune ferveur populaire dans le pays.

Depuis plusieurs mois, l’Algérie bouillonne sur le plan politique. Dimanche 17 novembre 2019, la campagne électorale pour l’élection présidentielle prévue le 12 décembre a démarré dans une atmosphère politique terne. Cinq candidats dont les dossiers sont retenus par l’autorité nationale indépendante des élections et validés par le Conseil constitutionnel se présentent officiellement à cette élection. Il s’agit de l’ancien Premier ministre et président du parti Talaie El Hourriyet, Ali Benflis; de l’ancien chef de gouvernement, Abdelmajid Tebboune; de l’ancien ministre de la Culture et actuel secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoudi; de l’ancien ministre du Tourisme et président du mouvement El Bina, Abldekader Bengrina; et du président du parti Front Al Moustakbel, Abdelaziz Belaid. Tous briguent la magistrature suprême, occupée actuellement d’une manière intérimaire par Abdelkader Bensalah après la démission en avril 2019 de Abdelaziz Bouteflika, qui est resté au pouvoir pendant 20 ans.

Une démission arrachée par les Algériens qui sont sortis en masse dans la rue dans le cadre des plus longues et plus massives manifestations populaires jamais organisées dans le pays pour réclamer un changement politique majeur. Pour le premier jour de la campagne électorale, les candidats à la prochaine élection présidentielle ont jeté leur dévolu sur le sud du pays, en ciblant principalement les villes d’Adrar et de Tamanrasset, où ils ont animé des meetings. Mais la ferveur populaire n’est pas encore au rendez-vous. Les Algériens continuent de manifester dans la rue pour réclamer le départ de toute la classe politique. Celle-ci commence toujours à interférer avec la classe économique. Jeudi 14 novembre 2019, le patron de la puissante Sonatrach, Rachid Hachichi, a été limogé par le président par intérim, Abdelkader Bensalah. Il a été remplacé par Kamal Eddine Chikhi, un géologue de formation qui occupait depuis 2018 le poste de directeur des partenariats au sein du groupe.

Changement politique
Le limogeage de Rachid Hachichi intervient quelques mois seulement après sa nomination, en avril 2019, à ce poste stratégique. Aucune raison officielle n’a été avancée par la présidence pour justifier ce limogeage. Mais, dans la presse algérienne, on parle de l’implication de l’ancien patron du géant algérien des hydrocarbures dans des scandales financiers et de financements occultes qui auraient précipité sa chute. Le limogeage inattendu de Rachid Hachichi intervient le jour même où les députés algériens ont adopté un projet de loi controversé visant à assouplir et simplifier le régime juridique et fiscal du secteur des hydrocarbures pour attirer les investisseurs étrangers. Le texte a suscité une virulente opposition en Algérie, car il est accusé de «brader» la richesse nationale aux multinationales, dans un contexte de contestation populaire massive du régime depuis neuf mois.


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