A-t-on assassiné Imane Fadil?

Mort du mannequin marocain, témoin dans l'affaire Berlusconi Rubygate

Témoin clé dans l’affaire des soirées bunga bunga de l’ancien président du conseil italien Silvio Berlusconi, le mannequin marocain Imane Fadil, 34 ans, pourrait avoir été empoisonnée par une substance radioactive.

À qui profite la mort, pour ne pas dire l’assassinat, d’Imane Fadil? Ce jeune mannequin d’origine marocaine, ayant rendu l’âme le 1er mars 2019 dans un hôpital milanais après plus d’un mois d’agonie, pourrait en effet avoir été tué. Selon la presse italienne, elle pourrait avoir été empoisonnée par une substance radioactive. Des analyses sont en cours pour vérifier la chose.

En attendant, les regards se dirigent vers Silvio Berlusconi. En effet, Mme Fadil se trouvait être une témoin clé dans l’affaire des orgies organisées à la fin des années 2000 au domicile de l’ancien président du conseil italien, restées sous le nom de «bunga bunga», et où le concerné avait notamment eu des rapports sexuels avec une mineure également d’origine marocaine, Karima El Mahroug, alias Ruby la voleuse de coeurs (Ruby Rubacuori, dans la langue de Dante), sans toutefois connaître son âge réel selon la justice.

Elle s’apprêtait à sortir un livre à ce sujet, dont le manuscrit a d’ailleurs été saisi par la justice. Dans sa réaction à la mort de Mme Fadil, M. Berlusconi, qui a assuré n’avoir «jamais connu» la trentenaire -elle avait 34 ans à son décès- ni lui avoir «jamais parlé», s’est dit «triste lorsque des jeunes personnes meurent».

Des mois d’agonie
Pour sa part, Mme El Mahroug, qui vit aujourd’hui retirée dans la ville de Gênes avec sa fille de 8 ans, a confié au quotidien italien Il Fatto Quotidiano être «désolée» pour son ancienne compagne de route. «Quelle fin terrible,» a-t-elle commenté. Selon son entourage, Mme Fadil aurait confié, peu avant sa mort, redouter d’être empoisonnée. Le procureur de Milan, Francesco Greco, a déclaré prendre ces éléments très au sérieux.

Selon la députée italo-marocaine Souad Sbaï, ancienne membre, au passage, du parti du Peuple de la liberté (PdL) de M. Berlusconi et candidate en novembre 2015 à la mairie de Rome, ce n’est pas vers son ancien patron qu’il faudrait se tourner, mais plutôt… l’ambassade du Maroc.

Silence radio au ministère
«C’est là, dans les hautes sphères de la diplomatie, qu’il faut aller chercher… ce sont des gens qui n’ont pas de scrupules. Beaucoup de jeunes Marocaines très belles comme elles sont arrivées en Italie et il n’est pas difficile d’imaginer quel était leur rôle…», a-t-elle déclaré au quotidien La Repubblica.

Graves accusations auxquelles, pour l’instant, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale s’est gardé de réagir. En tout cas, l’affaire de Mme Fadil promet d’occuper la scène médiatique pendant les semaines à venir, et ce dans les deux rives de la Méditerranée


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