UNE AUTRE ALIMENTATION EST POSSIBLE

PLUS DE 2 MILLIARDS DE FEMMES ET D’HOMMES SONT EN INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE DANS LE MONDE.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée par l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO), le 16 octobre 2019, certains observateurs avisés n’ont pas manqué de rappeler l’importance de changer nos habitudes alimentaires en privilégiant la sobriété, tout en regrettant le décalage qui existe dans le monde entre des sociétés dont les membres vivent dans l’opulence et le gaspillage et d’autres où l’on ne mange pas encore à sa fin. Rappelons que la FAO a choisi cette année le thème «Agir pour l’avenir. Une alimentation saine pour un monde #FaimZéro» pour sensibiliser aux défis de l’alimentation sur la planète. Aujourd’hui, une personne sur neuf souffre de la faim. Et si dans le passé ce nombre diminuait, trop lentement, mais régulièrement, les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que la faim dans le monde est à nouveau en hausse et cela pour la troisième année consécutive. Par ailleurs, plus de 2 milliards de femmes et d’hommes (une personne sur quatre) sont en insécurité alimentaire modérée ou aiguë.

En effet, le thème choisi pour cette année met en évidence la distorsion du binôme «nourriture-nutrition». Ainsi, dans le monde, pas moins de 820 millions de personnes sont affamées, 700 millions d’autres sont en surpoids, «victimes de mauvaises habitudes alimentaires». Que faire, alors, face à ces criantes disparités? Certains, comme le Pape François, dans une lettre adressée au directeur général de la FAO, plaident pour «une conversion de notre manière d’agir», indiquant que «la nutrition est un important point de départ», en cultivant la tempérance, la modération, l’abstinence, la maîtrise de soi et la solidarité: des vertus, rappelle t-il, qui ont accompagné l’histoire de l’homme. Cette sobriété que le Souverain Pontife appelle de ses voeux pourra permettre, ainsi, de préserver le bien commun et lutter contre l’individualisme et l’égocentrisme, «qui ne provoquent, note-t-il, que la faim et l’inégalité sociale».

Tandis que, pour combattre ces tendances néfastes, d’autres n’en plaident pas moins pour une véritable transformation des politiques. Des politiques qui doivent lutter contre les inégalités et renforcer la résilience économique des pays, tout en répondant aux effets des conflits persistants et de la crise climatique, qui aggravent la faim dans le monde. Pour y arriver, il s’agit surtout d’avoir la volonté politique de changer nos systèmes alimentaires, et de remettre l’injustice de la faim à l’agenda politique, aussi bien au niveau international qu’au niveau de chaque pays.

Les Objectifs de développement durable offrent, à cet effet, un agenda pour transformer nos systèmes alimentaires et réaliser le droit à l’alimentation de manière cohérente: en éliminant la pauvreté, en réduisant les inégalités, en réalisant l’égalité de genre, tout en préservant nos écosystèmes, en limitant le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré, et en établissant des modes de production et de consommation durables. La communauté internationale s’y est engagée. Il est temps de traduire ceci en actes concrets.


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