Ban Ki-moon pour relancer les négociations au Sahara

Le secrétaire général de l’ONU Le secrétaire général de l’ONU

Viendra? Viendra pas? Tandis  que l’affaire du Sahara continue  de traîner en longueur,  le secrétaire général de l’Organisation  des Nations unies (ONU), Ban  Ki-moon, se fait chaque jour de plus  en plus désirer dans les chancelleries  maghrébines. Ça «spéculaille»  fort même sur la date de sa venue  au Maghreb. Vraisemblablement,  celle-ci ne saurait outrepasser le  délai d’avril 2016: c’est ce mois-là  que le Conseil de sécurité de l’ONU  doit décider de proroger ou non,  mais très certainement de proroger,  d’une année encore le mandat de  la Mission des Nations unies pour  l’organisation d’un référendum au  Sahara occidental (MINURSO). La  visite de M. Ban devrait cependant  probablement intervenir d’ici la fin  de l’année 2015. Le Polisario l’espère  pour «décembre» 2015: c’est du  moins ce qu’a déclaré le coordinateur  du front séparatiste sahraoui  avec l’ONU, Mhamed Khadad, dans  une interview le 6 octobre 2015 au  quotidien suisse «La Tribune de  Genève».


Relance des négociations
Que peut donc bien signifier une  telle visite? C’est d’abord pour  l’ONU l’aveu d’un échec. Depuis le  temps que les envoyés personnels  du secrétaire général de l’organisation  se succèdent dans la région,  aucun n’a jusque-là su imposer une  solution «politique, juste, durable et  mutuellement acceptable», comme le préconise le Conseil de sécurité.  D’abord, ils n’en ont jamais vraiment  eu les moyens; leur mission étant plus  en vérité celle de «facilitateurs».


Surtout, quand l’un d’eux semblait  contenter l’une des parties, l’autre partie  s’en trouvait presque naturellement  lésée. L’actuel émissaire, Christopher  Ross, pour ne citer que lui, s’était vu  retirer en 2012 la confiance du Maroc  en raison, avait alors indiqué le gouvernement  marocain, d’une prétendue  «ligne de conduite déséquilibrée et partiale  dans de nombreuses situations».


Ce n’est qu’à la faveur de l’entremise  des Etats-Unis, dont il a notamment  été ambassadeur en Algérie de 1988  à 1991, que M. Ross avait été remis  en scelle. Sa dernière idée, celle d’un  Sahara fédéré au sein d’un Maroc  fédéral, voire d’un Sahara confédéré,  c’est-à-dire avec la possibilité de faire  à tout moment sécession sans que les  autorités marocaines n’y trouvent rien  à redire, indispose tant le Polisario et  donc par ricochet l’Algérie, qui tient  coûte que coûte encore à la tenue  d’un référendum d’autodétermination,  que le Maroc: celui-ci persiste  à négocier sur la base de son projet  d’autonomie.


Dans un tel contexte,  seul le secrétaire général de l’ONU  paraît aujourd’hui pouvoir «forcer» la  relance des négociations sur des bases  de «neutralité», d’«objectivité» et  d’«impartialité», comme l’avait assuré  l’intéressé, en janvier 2015, dans un  appel téléphonique au roi Mohammed  VI. Pas sûr pour autant que la situation  se débloque de sitôt.


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