Baraka et Ould Rachid en chiens de faïence

Panique à l’Istiqlal

Le doyen des partis marocains connaît sa première véritable crise interne depuis l’élection de son actuel secrétaire général en octobre 2017.

Fin de l’idylle entre Nizar Baraka et Hamdi Ould Rachid? C’est ce que l’on pourrait croire au regard des incidents ayant émaillé la réunion du 6 mai 2019 du comité préparatoire du congrès de la Jeunesse istiqlalienne et qui ont même poussé les services d’urgence à intervenir pour secourir les blessés. Il faut dire que les camps des deux hommes forts du Parti de l’Istiqlal (PI), à savoir le secrétaire général du parti et le député-maire de Laâyoune, se sont violemment affrontés sur fond d’opposition sur les détails de l’organisation dudit congrès, et surtout sur la composition du comité préparatoire, tant celle-ci conditionne grandement, si ce n’est de façon décisive, la suite.

MM. Baraka et Ould Rachid n’ont, certes, pas pris de position officielle; mais d’après le bruit qui court, le premier cité n’accepterait pas que son vis-à-vis se retrouve en situation de domination absolue, d’autant qu’il contrôle déjà différentes instances à l’instar du comité exécutif, où ses partisans sont majoritaires, ou encore le conseil national, présidé depuis le 21 avril 2018 par un de ses fidèles, en l’occurrence Chiba Mae El Aïnine.

Domination absolue
Au final, si le congrès de la Jeunesse istiqlalienne se tiendra début octobre, après que tout le monde ait accordé ses violons au prix d’interventions de différentes parties du PI, il n’en reste pas moins que l’équilibre n’a jamais semblé aussi fragile au sein du doyen des partis marocains depuis l’élection de M. Baraka en octobre 2017. Rappelons que ce dernier est arrivé aux commandes grâce notamment à M. Ould Rachid, qui lui a permis d’évincer Hamid Chabat de la direction de la formation du fait de l’influence et des moyens dont il jouit.

L’intérêt de M. Ould Rachid était justement de se poser en tant que personnalité incontournable du PI, tandis que M. Baraka pouvait, pour sa part, compter sur un allié de poids. Par conséquent, l’union sacrée des deux concernés a permis au parti de la lampe de bien rebondir, après que M. Chabat l’ait laminé au cours de ses cinq années de présence aux commandes, et de se présenter comme une alternative crédible au Parti de la justice et du développement (PJD), dont il ne cesse d’ailleurs de fustiger les politiques défavorables selon lui au commun des citoyens.

C’est dire si les inimitiés entre MM. Baraka et Ould Rachid ne tombent pas à point nommé. Selon différentes sources, un tête-à-tête doit incessamment être organisé afin d’aplanir toutes les pierres d’achoppement et permettre au PI de continuer sa marche en avant dans la perspective des prochaines législatives, prévues en 2021.


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