Le campement clandestin Ouled Ziane des subsahariens brûle encore

L'INCENDIE DE TROP

Pour la 3ème fois en six mois, un incendie horrible, à coups d’explosions de bonbonnes de gaz, se déclenche à Casablanca. La scène se déroulait à deux pas de la gare routière avant qu’une bagarre sanglante ne se déplace au boulevard Ouled Ziane, semant la terreur dans tout le quartier.

Dimanche 30 juin 2019, 5 heures du matin, gare routière Ouled Ziane, Casablanca. Dans les environs immédiats, voire dans les terrains de sport de proximité dépendante de la gare, un vaste incendie a dévasté le campement illégal de migrants subsahariens. Du jamais vu. Des flammes géantes s’élevant au pied des immeubles, des poubelles et des pneus incendiés, des jets de pierres… Ensuite, ce fut un défilé épouvantable et horrible d’explosions d’une centaine de bonbonne de gaz qui s’est poursuivi pendant une heure au moins.

La scène se déroulait pourtant dans un premier temps à deux pas de la gare routière Ouled Ziane avant que la bagarre sanglante opposant des jeunes Subsahariens, à l’origine de l’incendie, ne se déplace sur le boulevard Ouled Ziane, perturbant la circulation pendant au moins une demi-heure et semant la terreur dans tout le quartier. Ce qui s’est passé, c’est que l’incendie, qui s’est déclaré à l’aurore de ce dimanche 30 juin, est la conséquence d'une bagarre violente à coups de bâtons entre une centaine de Subsahariens, formant deux clans, au sujet d’un smartphone volé. Le feu a d’abord pris dans les tentes de fortune en plastique qui servent d’abris pour plus de 400 Subsahariens qui ont squatté de force, depuis quatre ans, ces terrains de mini-foot et de sports de proximité créés dans le cadre de l’Initiative nationale de développement humain au profit des jeunes du quartier Derb Soltane.

Des scènes ignobles
Les bagarreurs n’ont été neutralisés et mis hors état de nuire qu’après une intervention musclée de plus de 150 éléments de la police et des forces auxiliaires. Et il a fallu attendre 7h30 du matin pour voir les sapeurs-pompiers, dépêchés sur les lieux en grand nombre, venir à bout de cet incendie horrible. Et tout cela se passe au vu et au su des autorités de la ville et du gouvernement qui tolèrent ce campement illégal, installé dans les dépendances immédiates de la gare routière de Casablanca, qui abrite, depuis des années, plus de 400 migrants issus de pays d'Afrique subsaharienne (Cameroun, Burkina Faso, Congo, Togo…). Un lieu caractérisé par le manque d'hygiène et les violences quasi quotidiennes.

Heureusement, ce drame de trop a fait, une fois encore, plus de peur que de mal. Les autorités et les témoins oculaires n’ont déploré aucune victime, en dehors de quelques blessés impliqués dans la bagarre à l’origine de cette tragédie qui n’est pas la première du genre. En vérité, c’est le troisième incendie qui se déclare en six mois. Le quatrième en moins d’un an. Inquiétant, du fait que rien ne garantit que, la prochaine fois, on ne déplorera pas des victimes parmi ces campeurs clandestins.

Pire, des affrontements entre migrants et habitants du quartier Derb El Kébir viennent se greffer aux tensions internes entre communautés de Subsahariens. Le campement d’Ouled Ziane a vécu plusieurs scènes ignobles similaires. Rappelons qu’après les évènements de novembre 20017, deux incendies se déclarent le même jour, le 8 juillet 2018, à Casablanca et à Fès, dans des endroits squattés de force par des Subsahariens irréguliers, causant des blessés. Difficile de croire encore que c’est le fruit du hasard. Ce jour-là, un incendie s’est déclaré à plus de 320 km d’Ouled Ziane, au moment de l’évacuation d’un groupe de migrants issus de différents pays d’Afrique subsaharienne qui squattaient un local de l’Office national des chemins de fers (ONCF) jouxtant la gare principale de Fès. Et l’origine du feu dans les deux cas est restée indéterminée.

L’Eldorado devenu chimère
L’autre point commun qui lie les deux faits divers, c’est que dans les deux endroits, les Subsahariens étaient indésirables. A Ouled Ziane, les confrontations entre ces derniers et des habitants du quartier Derb El Kébir (quartier Derb Soltane) n’en finissaient pas. La tension monte d’un cran chez les habitants du quartier Derb El Kébir qui se plaignent de nuisances et de comportements agressifs et violents des migrants subsahariens. La situation a dégénéré le vendredi 24 novembre 2017, quand une première altercation s’était déclenchée entre une poignée de jeunes du quartier et des Subsahariens au sujet des agressions et des harcèlements auxquels font face les habitants du quartier, notamment les femmes, presque au quotidien.

C’est dire que ces incidents sont devenus répétitifs et alertent sur le degré d’intolérance de jeunes Subsahariens des conditions de leur vie au Maroc, laissés pour compte par les autorités et le degré d’intolérance d’habitants lassés de supporter les mauvais comportements et les écarts de ces derniers. Il suffit de faire quelques pas à Casablanca, Mohammedia, Salé, Rabat, Fès, Meknès ou Tanger pour se rendre compte de la présence significative des Subsahariens. On les retrouve aux rondspoints pour faire la manche mais aussi sur les chantiers BTP où il y a un travail physique à faire en contrepartie d’une rémunération modique.

Nombreux sont ceux qui ont abandonné l’idée de franchir les frontières à destination de l’Europe ou de la Libye. Ils ont décidé de rester au Maroc et exigent des autorités le droit de vivre dignement sans être pourchassés par la police ou des voisins qui ne désirent pas leur promiscuité. À Rabat, les Subsahariens irréguliers ont élu domicile à Hay Errachad, Bizanta et Bouregreg, une ceinture de misère. A Casablanca, à la gare Ouled Ziane mais aussi à Hay Mohammadi et Oulfa. Mais ils ne sont pas aussi nombreux qui continuent de nourrir le rêve de franchir le sol européen, en quête d’un Eldorado devenu chimère.

Mais même ce qui peut être considéré comme une chimère est, pour ces Subsahariens indignés, une chance inouïe de vivre. Oui, de vivre, tout bonnement.


1 commentaire

  • Mohamed BenTayeb

    10 Juillet 2019

    Il faut arrêter les conneries . Il y a de nombreux africains qui ne nous aiment pas ,ils ne apportent rien et en plus ils nous veulent du mal . Il est temps de changer avec tout le monde . Les pays comme le Mali, Centrafrique, nigeria ,etc doivent reprendre leurs déchets. Les tunisiens algeriens égyptiens ne doivent plus être acceuillis au maroc car cela ne fait que leur donner la haine de voir qu ils n arrivent pas à nos chevilles .il est temps d avoir une politique africaine agressive à l égard de nos ennemis comme ceux que je cite précédemment.

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