Le carcan du déficit budgétaire


Le projet de loi de Finances 2019 face au dilemme croissance, emplois des jeunes et exigences sociales


Le gouvernement doit ménager et la chèvre d’une croissance économique de 3,2% et le chou aussi bien de la création d’emplois que de la satisfaction des exigences sociales.

Le projet de loi de Finances (PLF2019) qui vient d’achever la phase de concertation interministérielle est à la recherche d’un équilibre ô combien difficile. Il devra concilier la chèvre et le chou. La chèvre d’une croissance économique de 3,2% du Produit Intérieur Brut (PIB ) et le chou aussi bien de la création d’emplois, notamment pour les jeunes, que de la satisfaction des exigences sociales. C’est ce qui a «incité les pouvoirs publics à procéder à un reclassement des priorités pour porter un intérêt plus particulier au volet social».

Car jusqu’ici le maître mot des différentes lois de Finances n’a été que le maintien des équilibres macro-économiques. Cette orthodoxie financière tant vantée par les experts du FMI n’a pas eu les résultats escomptés non seulement en matière de croissance créatrice d’emplois mais surtout en matière de satisfaction des besoins de plus en plus croissants sur le plan social. La croissance attendue étant tellement insuffisante qu’elle n’a induit ni une augmentation forte des recettes publiques ni encore moins une augmentation suffisante des dépenses publiques pour faire face aux pressions sociales.

Pressions sociales
Aujourd’hui, pour relever ces multiples défis, la note de cadrage du PLF 2019 souligne la nécessité d’«intensifier la mobilisation en vue de mettre en oeuvre les hautes orientations royales et les engagements du programme gouvernemental, et de trouver des réponses et des solutions adéquates et rapides aux préoccupations urgentes des citoyens».

L’intérêt sera, ainsi, plus accordé, dit la note de cadrage,aux programmes visant à «soutenir la scolarisation, à lutter contre le décrochage scolaire, à généraliser l’enseignement préscolaire et fondamental et à simplifier le contenu pédagogique, à travers notamment le renforcement des capacités des élèves en termes de réflexion, d’analyse, de recherche et d’auto-formation». Le secteur de la santé ne sera en reste puisque selon, la note de cadrage, il est question, notamment, de «réformer le système national de la santé à travers la mise en oeuvre du plan Santé 2025».

Concernant le volet de l’emploi, l’année 2019 sera non seulement celle de la mise en oeuvre du «Plan national de l’emploi» mais aussi celle de la mise en place des «mécanismes de financement pour les jeunes porteurs de petits projets et de projets innovants». Sans oublier le «soutien à l’auto-emploi et aux programmes d’intégration des catégories en situation précaire». Concernant, enfin, le volet de la protection sociale, le gouvernement table sur «une restructuration complète et profonde des programmes et des politiques nationales de soutien et de protection sociale», sans oublier la poursuite de «la mise en oeuvre du programme de réduction des disparités territoriales et l’élargissement de la couverture médicale».

Face à tous ces défis, la question à poser est de savoir comment financer tous ces programmes sans creuser un peu plus le déficit budgétaire.

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