Lutte contre le coronavirus : L'expertise chinoise au service du Maroc


L'avion chinois qui a atterri au Maroc le 23 mars 2020.

Pour certains, le modèle politique chinois en viendrait à sortir vainqueur de la crise actuelle du coronavirus, du fait d’une efficacité dans la lutte contre le virus plébiscitée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) elle-même. Un constat que beaucoup ne partagent pas cependant.

Pour le cinquième jour consécutif, la Chine n’a enregistré, ce 23 mars 2020, aucun nouveau cas local de Covid-19. En effet, les 39 cas nouvellement déclarés ont tous été contaminés pendant qu’ils se trouvaient à l’extérieur du pays.

De fait, et alors que l’Europe est considérée, depuis le 13 mars par l’Organisation mondiale de la santé, comme le nouvel épicentre de la pandémie, beaucoup louent la Chine pour l’efficacité de son modèle de lutte. Pékin diligente d’ailleurs depuis le 18 mars des responsables sanitaires de son cru en Italie, qui est officiellement devenue le 20 mars le pays le plus touché au monde -près de 47.000 cas recensés depuis le 31 janvier, pour plus de 5.000 morts- , pour aider les autorités de la Botte à parer à la propagation du SARS-Cov-2, le virus responsable de la Covid-19. Les mesures de confinement prises graduellement par le Maroc depuis le 19 mars, et qui ont notamment débouché sur la proclamation de l’état d’urgence sanitaire par le gouvernement au moins jusqu’au 20 avril, ne sont, à cet égard, pas sans rappeler la politique menée par la capitale chinoise à Wuhan, d’où avait éclaté la pandémie à la fin de l’automne, laquelle politique "donne de l’espoir au reste du monde en montrant que même la situation la plus grave est réversible", selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui s’est exprimé par voie de presse à ce sujet le 20 mars. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, s’était dans ce sens longuement concerté par téléphone aux côtés de ses homologues de Hongrie, Péter Szijjártó, et de Grèce, Níkos Déndias, avec le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, pour étudier les moyens d’implémenter "l'expérience de la Chine en matière de prévention et de contrôle de l'épidémie", selon ce qu’a rapporté l’agence de presse chinoise "Xinhua" dans une dépêche publiée le 20 mars. Une aide chinoise consistant notamment en du matériel et des équipements médicaux est, par ailleurs, parvenue au Maroc le 23 mars, selon différentes sources médiatiques.

Pour de nombreux observateurs, c’est le modèle politique chinois lui-même qui en viendrait à sortir vainqueur de l’actuelle crise. En effet, le succès de la Chine dans la lutte contre la Covid-19 s’expliquerait, selon d’aucuns, par l’autoritarisme du régime communiste chinois envers la population du pays. Ce qui ajouterait de l’eau au moulin des autocraties étant légion ici et là et, à en croire par exemple Bloomberg, ne serait pas vraiment une bonne nouvelle pour l’ordre international libéral né de la fin de la guerre froide, au tournant des années 1990. “Il y a quelques semaines à peine, alors que l'impact du coronavirus était encore fortement concentré en Chine, le récit dominant était que Pékin était à nouveau le nouvel “homme malade d'Asie”. Maintenant, le thème semble être que le coronavirus montre à quel point la puissance et le prestige relatifs de l'Amérique ont chuté,” s’alarmait, le 16 mars, l’agence de presse américaine, dont le propriétaire n’est autre que l’ancien candidat démocrate aux présidentielles américaines prévues le 3 novembre, Mike Bloomberg.

D’autres mettent en doute cette vision des choses. Pour ces voix, si la pandémie en est arrivée à son point actuel, c’est notamment à cause de la façon de faire de la Chine, qui avait pris en chasse les premiers lanceurs d’alerte à Wuhan, à l’instar de l’ophtalmologue Li Wenliang, qui a rendu l’âme le 7 février après son atteinte du Covid-19, avant de les réhabiliter après que l’épidémie ne pouvait plus être cachée. Ce qui, selon certaines simulations, a fait perdre au monde un temps monstre: à une semaine près, selon une étude publiée le 4 mars par des chercheurs de l’Université de Southampton en Angleterre, 67% des cas actuels auraient pu être évités si les mesures nécessaires avaient été adoptées, voire 95% si elles l’avaient été trois semaines plus tôt. Un argument repris notamment par le président américain, Donald Trump, qui s’est dit “contrarié” ce 23 mars par la Chine et son attitude au début de la crise, après s’en être déjà pris par le passé à l’Empire du Milieu en ne manquant jamais de rappeler l’origine chinoise de la Covid-19, puisqu’il utilise systématiquement l’expression "virus chinois" en lieu et place de l'appellation scientifique SARS-Cov-2 recommandée par l’OMS. Ce qui n’a pas manqué d’indisposer les dirigeants chinois, dont certains en réponse, à l’instar du directeur adjoint du département de l'information du ministère des Affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, ont accusé les Etats-Unis d’avoir importé le virus en Chine.


1 commentaire

  • Habib Cherkaoui

    25 Mars 2020

    Le Maroc se distingue par deux facteurs importants , comparé aux autres pays du monde. Le premier facteur est que 4%du PIB national au Maroc est alloué á la lutte contre l´épidémie. Le duxième facteur est l´anticipation exemplaire et résolue qui a débouché sur des mesures draconiennes (confinement,rôle de la justice, de l´armée, des forces auxilliaires, du ministère de l´intérieur sans oublier la société civile et le gouvernement et sans oublier la collecte des fonds). Le Maroc est voisin de l´Espagne qui est dans l´oeil du cycône ou de l´Italie ou la France. Ceci expliqué, et en espérant que les chaleurs de l´été vont diminuer cette épidémie, le fait aussi de s´assurer des stoks de Chloroquine pour engager des traitements cliniques est aussi une démonstration que le Maroc a la faculté et l´intelligence d´agir. Pour la Chine, le fait qu´un gouvernement chinois ait pu gérer cette épidémie parmi plus de 1,5 milliards de citoyens chinois est une prouesse. Il faur se méfier des mauvaises langues car les citoyens chinois eux mëmes sont aptes à critiquer ou pas leur régime. Nous connaissons la vieille chanson de certains pays pu tendances qui ne jurent que par la "démocratie". Si démocratie veut dire des hôpitaux saturés, une épidémie hors contrôle, une pénurie chronique de matériel comme il s´est avéré aux USA, en Italie, en France etc.. alors je suis persuadé que le citoyen chinois est heureux de vivre dans un pays qui sait réagir et réagire avec force. Le reste n´est que ruine de l´âme. J´espére qu´au Maroc nous adopterons plutôt la stratégie chinoise....

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