La Cochenille du Cactus fait toujours des ravages

L’ONSSA pèche par négligence

L’insecte se propage dans plusieurs régions du Maroc, détruisant des champs entiers de cactus. La gestion de cette menace par l’ONSSA est défaillante.

Il semble que l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est beaucoup plus visible à travers ses communiqués qu’à travers des actions concrètes sur le terrain. Peutêtre que l’actuel patron, Abdellah Janati, ancien dirigeant de l’Établissement Autonome de contrôle et de Coordination des Exportations (EACCE), est amoureux des effets d’annonce qui donnent l’impression que l’institution qu’il dirige accomplit sa mission bien comme il faut. Ce n’est point une conclusion hâtive.

La gestion défaillante depuis 2014 de l’alerte de propagation d’un insecte qui continue de ravager la culture des figues de barbarie de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud du Royaume, en est la preuve tangible. Il s’agit de la cochenille du cactus, qui s’attaque à cette denrée alimentaire qui fait la renommée du Maroc à l’international et l’objet de plusieurs films documentaires sur des chaînes TV étrangères. Tout a commencé en 2014, quand la production du cactus a connu une baisse conséquente, anormale et inhabituelle. Depuis, le prix de ce fruit tant prisé pour son goût inégalé que pour son huile (la plus chère au monde) a flambé.

La baisse de la production nationale a été la conséquence directe de la propagation de la cochenille du cactus, qui a fait et fait encore tant de ravages au Maroc, à cause de l’inaction de l’ONSSA dès les premiers signes. Une première apparition de l’insecte a été décelée au Douar Saniat Berguig, province de Sidi Bennour. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Mustapha El Khalif avait promis lors de déplacements à Sidi Bennour, dont il est originaire, de tout faire pour régler ce problème, en s’adressant à l’ONSSA... Mais rien n’a été fait. Cet insecte a été ensuite localisé dans certaines zones, telles que les provinces de Sidi Bennour, Rhamna et El Youssoufia, connues pour produire du cactus de grande qualité. Comme une traînée de poudre, la cochenille s’est rapidement installée dans plusieurs régions du Royaume.

En 2019 encore, la cochenille s’invite sous d’autres cieux. Elle a été récemment détectée au Sud du royaume, après s’être propagée dans certaines zones de la région du nord. Aujourd’hui, des champs de figues de barbarie, dans la province de Chtouka et à Inzegane, sont envahis par la cochenille du cactus.

Effets d’annonce
L’inaction ou la faible intervention de l’ONSSA en 2014 et même en 2015 a été l’erreur fatale qui a permis à cet insecte de se disséminer à volonté. Les efforts devaient être multipliés au niveau de la sensibilisation et la prévention notamment. Et des contrôles et un suivi systématique devaient obligatoirement se faire.

Or c’est là où le bât blesse chez l’ONSSA. En 2016, l’Office s’est contenté d’une vidéo explicative où il tentait de rassurer et de rasséréner que l’insecte ne représente aucun danger ni pour la santé humaine ni pour la santé animale. La nomination de Abdellah Janati en décembre 2017 à la tête de ce géant de la sécurité sanitaire aux pieds d’argile n’a rien changé à la réactivité de l’Office face à un véritable fléau qui menace un patrimoine national. Les services phytosanitaires de l’ONSSA se mobilisent chaque année pour éviter une éventuelle propagation dans d’autres zones… Des séances de sensibilisation sur les mesures de lutte sont également organisées chaque année par l’Office au profit des agriculteurs…

Le contenu des communiqués de l’Office à ce propos ou relativement au bilan des contrôles effectués périodiquement ne rassure en vérité que ceux qui le rédigent, non pas des dizaines de milliers de fellahs qui déplorent de grosses pertes chaque année.


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