Colère transatlantique de Trump

Abdellatif Mansour

Les USA ne veulent plus de la Minurso


Sachant que les États Unis sont les premiers pourvoyeurs de fonds de la Minurso, les jours de celle-ci seraient comptés. Le choix de Trump devrait être du côté de la vérité historique et du bon sens.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, on attendait la réaction de la Maison Blanche, directement par lui-même ou par le personnel du carré proche des prises de décision. La plus récente a eu lieu le vendredi 14 décembre 2018. Lors d’une réunion restreinte autour du président, le conseiller de celui-ci pour les questions de sécurité, John Bolton, a fait un exposé sur le rôle militaire, diplomatique et financier des États Unis dans les zones de tension à travers le monde. Une nouvelle stratégie est en train d’être mise en place.

Il s’agit de raccourcir et d’alléger la présence américaine dans ces régions et de rationaliser la contribution des États Unis, dans le sens d’une baisse. Le conflit autour du Sahara marocain n’y a pas échappé. Le conseiller est allé droit au but. Il estime que les USA héritent de la plus forte participation, à travers le budget de la Minurso, établi à 52.519.000 dollars, contre 40 millions de dollars en 2007. La tendance à la hausse est évidente. Et cela pour rien, avoue le conseiller dans un long soupir. La question du Sahara en est l’illustration patente.

En 27 ans on n’a pas avancé d’un pouce. Donald Trump voudrait renverser la vapeur. Moins de présence et de dépenses. Une déduction du pur pragmatisme anglo-saxon. Et le nouveau président proclame que l’Amérique ne financera plus des dossiers qui moisissent, des situations qui perdurent et des casernements reconductibles à perpétuité. Expressément visée, la Minurso est ouvertement appelée à plier bagages. D’ailleurs, elle doit trouver un autre lieu de conflit et de résidence dès l’expiration de son safari, réduit à six mois, qui prend fin le 30 avril 2019, comme l’a voulu le président américain.

La menace plane sur l’avenir immédiat de la Minurso. Une chose est sûre, Donald Trump ne s’embarrasse pas de circonvolutions du langage diplomatique. Son approche sur l’enlisement manifeste de la Minurso n’est pas loin des conclusions tirées par le Maroc. À titre de rappel, le Maroc avait expulsé en 2016, 80 fonctionnaires de la Minurso convaincus d’intelligence avec une partie du conflit au détriment de l’autre. Les exclus avaient finalement été autorisés par l’employeur onusien pour reprendre du service ailleurs, sans parti-pris. Valeur 2018, parmi les 483 effectifs déployés on ne compte que 20 militaires et 231 membres du personnel civil, entre autres observateurs (209), 2 policiers, 7 officiers d’état-major et 14 volontaires. D’un point de vue profane, ce décompte laisse perplexe. Que peut une poignée de pacifistes en uniforme chargée de maintenir la paix? Pas grand chose. Les exemples de ce genre de situation ont profondément marqué les années 1990.

Il reste la question sur le pourquoi de cette stérilité des émissaires civils et militaires de l’ONU, face au dossier du Sahara marocain! Il a été suffisamment rappelé que dans ce conflit de ni guerre-ni paix, il n’y a que deux protagonistes, pas 36, l’Algérie et le Maroc. On en est là dans ce feuilleton interminable qui a rarement appuyé sur la pédale pour avancer.

Le coup de frein de Trump réussira- t-il à le mettre en mouvement dans un délai de six mois? Pourquoi pas, si l’unique sortie par une solution de droit et de bon sens est adoptée. Celle du projet marocain d’autonomie.

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