Conseil National de la Presse: Moujahid, le bon choix



Les perspectives de développement de la presse paraissent difficiles. Mais avec un homme d’action et de conviction comme Younes Moujahid, il y a lieu d’espérer.

S’il y a une figure de proue de la presse nationale, avec un vécu politique plutôt chargé, c’est celle de Younes Moujahid. Il n’a pas attendu d’être élu, en 1999, secrétaire général du SNPM (Syndicat national de la presse marocaine) pour exprimer son point de vue face à tous ceux qui ne partagent pas ses opinions.

Un franc parler qui constitue la griffe marquante de sa personnalité, au travail comme en ville. Que signifie travail pour Younes Moujahid? C’est d’abord une sphère militante à double emploi, syndical et politique. Pour lui, il n’y a pas de distinguo à faire entre les deux. Il passe de l’un à l’autre aisément, presque de droit. Il est constamment à cheval entre le SNPM et l’USFP. Il est de ce fait l’homme politique et le syndicaliste à la fois, avec une parfaite continuité. Tout son parcours sera marqué par cette dualité indissoluble.

Sur ce, le Conseil national de la presse (CNP) ne pouvait avoir meilleur prétendant à sa présidence, poste auquel il a été élu le 5 octobre 2018. Une responsabilité éminemment stratégique dans le contexte politique actuel; surtout pour une structure organique naissante qui a eu du mal à naître. Elle n’a vu le jour que pratiquement par césarienne au sens organisationnel et politique du terme.

Activisme syndical
Par quoi aborder l’itinéraire de Younes Moujahid? Par le syndicalisme ou l’engagement partisan? La chronologie voudrait que ce soit par un factuel professionnel; mais en fait, c’est la politique qui prime.
Qui est Younes Moujahid et quels sont les épisodes de son itinéraire? Après l’école primaire à Casablanca, le jeune Younes, né en 1956, effectue son secondaire à Tetouan. Membre actif du mouvement d’extrême gauche Ilal Amam, dirigé par Abraham Serfaty, il est arrêté en 1976 et écope d’une peine de 10 ans de prison ferme qu’il passe à la prison centrale de Kenitra. Une période qu’il évoque avec une certaine fierté, mais dont il s’apercevra qu’elle était jusqu’au-boutiste et sans issue, comme la plupart de ses camarades d’infortune.

En prison, Younes Moujahid n’a pas perdu son temps. Au terme d’un cycle universitaire, il parvient à décrocher une licence en sociologie et un DEA (Diplôme d’études approfondies). Younes Moujahid retrouve une certaine liberté en 1986, avec une nouvelle vision de la chose politique. Il est employé par Al Ittihad Al Ichtiraki (organe de l’USFP) qui lui donne une fenêtre d’intervention sur la vie politique du pays. Il adhère au SNPM, alors dirigé par Mohamed El Yazghi, où il fait preuve d’un activisme syndical qui a permis la création des sections du SNPM à Rabat, Casablanca et dans d’autres villes du pays. C’est la période où Younes Moujahid est également correspondant de l’agence espagnole EFE.

Il sera encore plus visible sous la direction de Larbi Messari. Ses proches collaborateurs le qualifient de travailleur insatiable. Younes Moujahid et son équipe s’activent inlassablement à élargir l’espace de couverture journalistique du SNPM. Ils se démènent pour inculquer l’idée qu’il n’y a plus de place à l’amateurisme dans le métier du journalisme moderne. Une action qui s’est avérée payante dès lors que Younes Moujahid a accédé, en juin 2016, au comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes, avec un très bon score électoral. Les perspectives d’avenir du Conseil national de la presse marocaine ne sont pas faciles. Mais avec un homme d’action et de conviction, il y a lieu d’être optimiste.


Laisser un commentaire