Les criquets pèlerins menacent le Maroc

LA FAO LANCE UNE ALERTE AUX ACRIDIENS

Le Maroc risque-t-il une invasion de criquets? La FAO prévient le Maroc d’une menace réelle. Des criquets pèlerins sont déjà présents au Sahara et dans les montagnes de l'Atlas.

Les invasions de criquets pèlerins sont monnaie courante au Maroc. En effet, les plus anciennes informations disponibles sur les invasions acridiennes dans notre pays remontent à 1780. Au 20ème siècle, le Royaume a connu cinq grandes invasions de criquets pèlerins, connu également sous son nom scientifique Schistocerca gregaria. La première, survenue en 1914, a duré cinq années condamnant une large frange de la population à la disette. Idem entre 1927 et 1934, entre 1941 et 1948, entre 1954 et 1961, entre 1987 et 1989 et, surtout entre 1987 et 1989, où ce fut l'une des plus importantes invasions enregistrées et qu’elle a nécessité la mobilisation de moyens humains, matériels et financiers considérables (1 milliard de dirhams) pour traiter près de 5 millions d'hectares.

Le 3 mai 2019, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé une nouvelle alerte concernant le Maroc et plus particulièrement dans la région de Marrakech alors que des oeufs de criquets pèlerins ont été découverts dans la commune d’Oued El Boor, dans la province de Chichaoua. «Une superficie de pas moins de soixante hectares aurait été investie par des criquets pèlerins pour leur reproduction», ajoute le communiqué de la FAO. Pour prévenir cette menace, la FAO appelle à une «surveillance étroite dans toutes ces zones au cours des prochains mois afin d’empêcher les insectes de former de grands essaims aux effets ravageurs».

Les autorités réagissent
Cette alerte a fait immédiatement réagir les autorités et notamment le ministère de l’Intérieur, dont dépend le Centre national de lutte antiacridienne, ainsi que le Centre régional de Marrakech et les autorités locales de la région. L’objectif est de contrôler la menace avant que ces criquets ne parviennent à trouver un endroit propice pour à la reproduction, notamment la Vallée du Draa. Selon la FAO, «un tout petit essaim mange la même quantité de nourriture en un jour qu'environ 35.000 personnes», alors qu'un insecte adulte est «capable de consommer une quantité de nourriture égale à son propre poids chaque jour - soit environ deux grammes par jour». Pour le cas des criquets pèlerins, une femelle peut pondre jusqu’à 300 oeufs au cours de sa vie.

La FAO invite également les pays voisins du Yémen, notamment l’Arabie Saoudite, Oman et l’Iran à mobiliser des équipes de prospection et de lutte contre les insectes ravageurs. Et pour cause, des infestations du criquet pèlerin ont été récemment découvertes au Yémen, où un conflit entrave sérieusement les opérations de lutte et représente une menace potentielle pour les cultures dans la région.

Selon l’organisation, les larves de criquets pèlerins peuvent former de larges bandes au sol. Ces dernières peuvent finalement se transformer en essaims de criquets adultes qui, au nombre de dizaines de millions d’individus, peuvent voler jusqu’à 150 km par jour avec le vent.

L’apparition de nouveau des criquets pèlerins est due, entre autres, au changement climatique, qui «entraîne de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes et imprévisibles et pose de nouveaux défis sur la manière de surveiller et de répondre à l’activité acridienne»


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