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La culture, un capital à valoriser

UN VÉRITABLE MARCHÉ DE LA CULTURE PEINE À SE DÉVELOPPER, FAUTE D’UNE VISION INTÉGRÉE.

L’audiovisuel, l’édition musicale et littéraire, le cinéma, les arts plastiques, les métiers et les arts traditionnels, autant que certains espaces d’expression culturelle, comme le théâtre, les festivals, les musées, la création et le défi du numérique, présentent des spécificités concernant leurs conditions de production, de diffusion et de réception. Si l’intensité de ces particularités varie selon les secteurs et si chacune d’entre elles peut s’appliquer aussi à des biens traditionnels, leur addition singularise les industries culturelles.

En diagnostiquant ces divers champs de production de la culture, le Conseil économique , social et environnemental (CESE), que dirige Reda Chami, estime qu’une nouvelle politique publique s’avère nécessaire pour faire de l’«économie de la culture» un véritable vecteur de développement économique de notre pays. En agissant ainsi, le Royaume espère tirer de cette économie de la culture aussi bien des gains d’ordre économique que des gains d’ordre politique et stratégique. Or, au-delà de certains projets grandioses comme les grands théâtres de Casablanca et de Rabat ou le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, qui sont de grandes réalisations pour le rayonnement du Royaume, il reste très difficile de mesurer la part de l’économie culturelle dans la création de richesse, faute de statistiques actualisées et de définition des indicateurs de suivi des politiques publiques dans ce domaine.

De même, malgré le potentiel de l’économie culturelle que recèlent des événements artistiques aussi célèbres que Mawazine, le festival de Marrakech du cinéma ou le festival d’Essaouira, il reste qu’un véritable marché de la culture peine à se développer, faute d’une vision intégrée dans ce domaine. Ajoutons à cela le fait que la culture au Maroc souffre d’une certaine marginalité, due notamment à «l’absence d’une ingénierie culturelle qui encourage l’investissement économique dans ce domaine». Les faits confirment plus que jamais que la culture chez nous n’est pas un besoin social dans lequel investissent les entreprises, les ménages, les établissements scolaires ou autres. Ceci, d’autant plus que le système éducatif a été vidé de tout contenu culturel. Et ce n’est pas un hasard si le CESE a particulièrement mis l’accent sur «la faiblesse des contenus culturels». Ainsi, les programmes des opérateurs audiovisuels manquent-ils de créativité et d’innovation, et ce, à un moment où la concurrence du Net ne laisse plus de place à l’amateurisme. Il n’y a qu’à voir le nombre des jeunes lecteurs sur le net qui n’arrivent pas à inter-réagir avec les médias classiques, pour mesurer l’influence des transformations sociétales en cours sur le marché de la culture.

Vu que les produits culturels ne sont pas des marchandises comme les autres, les industries culturelles appellent-elles de la part les pouvoirs publics d’adopter des mesures incitatives et redistributives mieux à même de permettre la diversité culturelle


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