Une mine de ressources pour l'économie nationale


5 MILLIONS DE MRE


Les émigrés marocains constituent une force importante pour le développement économique du Maroc, d’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

“Impossible de concevoir une dynamique économique sans la contribution des MRE». La déclaration est prêtée à Abdelkrim Benatiq, ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la Migration, à la Chambre des conseillers. Pour preuve, aujourd’hui, il y a quelque 5 millions de Marocains résidant à l’étranger (MRE). Selon le rapport 2017 de l’OCDE intitulé «Talents à l’étranger», les Marocains résidant à l’étranger sont essentiellement concentrés dans dix pays, principalement européens. Un tiers des MRE résidait en France en 2011, «témoignant des liens historiques et linguistiques entre les deux pays». L’Espagne et l’Italie, considérées comme des «destinations plus récentes» pour les immigrés marocains, accueillaient toutes les deux, un million de MRE en 2011, deux fois plus qu’en 2001.

L’ancien constat faisant état que la majorité des émigrés marocains ont encore un niveau d’éducation faible connait actuellement du changement. Un demi-million d’émigrés marocains détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur, deux fois plus qu’en 2001. Les descendants d’immigrés marocains sont plus diplômés que leurs parents. Sur le marché du travail nord-américain, à l’inverse, les émigrés marocains sont plus qualifiés et aussi mieux intégrés qu’en Europe.

Parmi tous les pays d’origine des immigrés vivant en Europe, le Maroc apparait comme celui qui bénéficie le plus des flux financiers issus de l’émigration. En premier lieu, ces bénéfices sont synonymes de rapatriement de devises. En chiffres, durant l’année 2017, les transferts ont totalisé 65,4 milliards de DH, contre 62,5 milliards une année auparavant ce qui équivaut une hausse de 13%, soit le niveau le plus haut de ces six dernières années. Ils ont permis de couvrir 64% du déficit commercial. A fin mai 2018, les transferts des MRE s’élèvent à 26,80 milliards de DH, soit une hausse de 9,7% par rapport à la même période de 2017.

L’apport de diaspora marocaine ne se limite pas aux seuls aspects financiers. Selon une étude de la Fondation Hassan II pour les MRE, les retombées micro-économiques de ces transferts sont beaucoup plus intéressantes car ils jouent un rôle capital dans la survie de plusieurs familles au Maroc. Les Marocains du monde sont aussi une valeur ajoutée vu les connaissances et l’expérience qu’ils ont acquises dans les pays de résidence. Or, en dépit des transferts jugés importants, seuls 7,7% du total sont orientés vers l’investissement au moment 71% sont absorbés par la consommation. Mais le nondit est que nombre de MRE a été frustré par une première mauvaise expérience d’investissement dans son pays d’origine.

Pour la première fois, le ministère chargé des MRE a mis en place un dispositif d’appui aux MRE porteurs de projets d’investissement, une cellule dédiée à leur accompagnement. Pour inspirer confiance à ces Marocains du monde, cette cellule doit être institutionnalisée ou du moins mise sous tutelle du Chef du gouvernement pour qu’un changement à la tête du ministère ne signe pas la mort de celle-ci.

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