Décès de Taïeb Bencheikh, ancien ministre, 81 ans

Un techno-politique d'un autre type

Les proches du défunt parlent d’un homme calme, rationnel et intransigeant. Politiquement engagé, il avait le sens de la communication.

Chacun a un trait de caractère qui le singularise et qui ressort jusque dans son milieu socio-professionnel. Pour Taïeb Bencheikh, ancien ministre et militant politique, décédé dans la nuit du dimanche 20 mai à lundi 21 mai 2019, c’était le travail.

Ce n’est pas pour dire du bien d’un défunt, comme c’est souvent le cas dans nos convenances sociales. Mais à dire vrai, lorsque Bencheikh se mettait à la tâche, c’était pour en venir à bout, selon son propre code d’obligation. Ses proches collaborateurs, dans l’exercice de ses fonctions et dans son engagement politique en ont pris le pli tout au long de ses multiples fonctions dans la gestion de la chose publique. Ils y réfléchissaient à deux fois avant d’être affirmatifs à ses invites pour faire partie de son cabinet.

Adhésion partisane
Car ce commis d’Etat, pas vraiment comme les autres, semblait se lancer à lui-même des défis sous la forme d’objectifs à atteindre. Bardé de diplômes dans les plus prestigieuses institutions universitaires françaises, sans que cette diversité ne soit productrice de dispersion cognitive ou de difficultés didactiques de communication, ce natif de Meknès, un 31 octobre 1938, essaiera tout au long de sa formation de faire la jonction entre l’économie politique et la statistique à travers l’institut d’études politiques (Sciences Po) et celui des statistiques (INSEA), les deux à Paris.

Nous sommes dans les années 1960 et le début des années 1970, une période de grande turbulence sociale et politique. M. Bencheikh y entre sous l’égide du syndicat étudiant solidement installé dans les corpus français, l’UNEM, ainsi qu’à travers la Fédération des étudiants marocains de Paris. Il portait encore l’étiquette du Parti communiste marocain. Une adhésion partisane dont il se départira pour participer à la création et au fonctionnement du RNI à partir de 1976.

Le parcours de M. Bencheikh est impressionnant. Il a commencé par le commencement, cadre au ministère du Plan et des prévisions économiques; puis directeur de la Statistique et du Plan dans le même ministère, ceci entre 1967 et 1974. Il accède à son premier poste ministériel en tant que secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Développement régional et de la Formation des cadres; un tremplin tout indiqué avant d’être ministre du même département le tout entre 1974 et 1984.

Puis il est le premier ministre de la Santé non médecin du Maroc indépendant de 1985 à 1992. Ses fonctions ministérielles et toutes les activités spécifiques qui vont avec, ainsi que ses initiatives africaines et arabes, ne lui ont pas fait oublier sa ville natale. Il sera président du Conseil provincial de Meknès puis de sa commune urbaine et de la municipalité ismailia.

Ceux qui l’ont côtoyé et accompagné au gré de ses fonctions officielles et électives parlent d’un homme juste, rationnel et intransigeant; un communicateur doté d’un esprit de synthèse.


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