Déchets de casablanca: le contrat avec les délégataires en stand-by

Le contrat de gestion déléguée des deux sociétés chargées de la collecte des déchets et du nettoyage de Casablanca n’est pas entré en vigueur comme prévu.

Le nouveau Wali de la région Casablanca- Settat, Saïd Ahmidouch, veut réétudier le cahier des charges relatif au contrat de gestion déléguée des déchets de la ville de Casablanca qui a été attribué, tout récemment, à la société française Derichebourg et à la société libanaise Averda.

Alors que ces deux entreprises devaient démarrer leur activité vendredi 15 mars 2019, le wali aurait donné ses ordres pour mettre en stand by cette transaction de 6 milliards de dirhams dans l’attente d’un réexamen du cahier des charges sur la base duquel le contrat de gestion déléguée a été signé.

Clause bizarroïde
Pour rappel, les édiles de la ville, et à leur tête le maire pjdiste Abdelaziz El Omari, ont validé 8 contrats (pour 8 préfectures) de gestion déléguée de la propreté lors de la session du conseil de la ville le jeudi 21 février 2019, se contentant en fin de compte de 2 délégataires au lieu des 4 prévus initialement. En plus du Maire, étaient présents à cette cession tous les vice-présidents, dont Mustapha Lhaya (PJD), 2e vice-président chargé des travaux et infrastructures, et Mohamed Haddadi, 3e vice-président en charge de la propreté.

Le français Derichebourg a été chargé du périmètre de Sita (Casa-Anfa, El Fida-Mers Sultan, Moulay Rachid et Ben Msik) et le libanais Averda du territoire qu’il a occupé depuis 2014: Hay Hassani, Aïn Chock, Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi. Les prestations de collecte, selon les termes du contrat, coûteront 890 millions de dirhams à la ville, soit un surplus de 230 millions de dirhams par rapport à l’ancien mode de facturation. Cette somme représente le tiers du budget annuel de la commune urbaine. Sur les 7 ans que dure le contrat, les deux opérateurs se partageront donc 6 milliards de dirhams. La décision du Wali de Casablanca de geler la mise en oeuvre du contrat signé le 21 février a laissé perplexes les responsables des deux sociétés, ainsi que les représentants du conseil de la ville. Le nouveau Wali souhaite revoir les obligations des deux sociétés et les termes du contrat relatifs au contrôle, surtout que les expériences antérieures ont été très décevantes et surtout qu’il n’a pas été associé aux négociations autour de cette transaction.

Il y a aussi un autre point qui paraît bizarroïde: dans le contrat, il y a une clause qui stipule que les hôtels, les restaurants… doivent gérer et se charger de la gestion de leurs propres déchets ou la confier aux deux sociétés délégataires en contrepartie d’une rémunération. En tout état de cause, pour les Casablancais, quelques jours de plus ne feront pas plus de mal si les résultats sont susceptibles de changer leur vécu quotidien. Mieux vaut tard que jamais!


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