Développement durable: Un défi pour le Maroc

Les entreprises publiques et privées sont engagées pour la réussite de la stratégie nationale 2030 du développement durable. Pour un Maroc meilleur.

Il n’est pas de coutume quand on dresse un bilan globalement positif de commencer par un hommage posthume au Pr Abderrahim Harouchi, médecin, ancien ministre mais également président de l'Association Afak, créée en 1996 et active dans le domaine de la promotion des droits civiques et des valeurs de citoyenneté, dont le respect de l’environnement. Qui ne se rappelle pas encore les spots radio et télé de cette association et les sorties fracassantes du regretté Harouchi, s’élevant contre le gaspillage de l’eau et tirant la sonnette d’alarme sur le fait de polluer sans nous soucier des conséquences, si ce n’est pour notre génération, du moins pour les générations futures? Dès 1996, Afak a tiré la sonnette d’alarme, au moment où régnait une faible sensibilité générale à la question, en organisant les premières campagnes de nettoyage des plages et de sensibilisation à la préservation des ressources, contre la pollution des cours d’eau par les industries, la pollution par les gaz d’échappement...

Ces messages avant-gardistes ont beaucoup aidé à une prise de conscience surtout dans les rangs des décideurs. Et puis, en chef d’Etat convaincu dont la fibre environnementale, avant même d’être intronisé (son allocution en 1992, dans la ville de Rio de Janeiro, au Brésil, à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement), a toujours été sensible, le Roi Mohammed VI avait donné le ton en 2009 en lançant un chantier majestueux, la Stratégie énergétique avec cinq grands plans: le programme intégré de l'énergie éolienne, le plan solaire marocain, le programme solaire photovoltaïque, les chantiers de production hydroélectrique et le programme national d'efficacité énergétique.

Chantier majestueux
Ces chantiers ont été accompagnés, pour leur partie gouvernance, par une réorganisation complète des institutions en charge de cette stratégie: L’AMED (Agence Marocaine pour l’Énergie Durable) remplace la MASEN pour réaliser des centrales de production d’électricité à partir de toutes les ressources énergétiques renouvelables (solaire, éolien, hydro-électricité); l’ONEE (Office National de l’Électricité et de l'Eau potable) pour satisfaire la demande en électricité du pays, notamment dans les régions rurales; l’AMEE (Agence Marocaine de l’Efficacité Énergétique, ex ADEREE) pour élaborer un plan national et des plans sectoriels et régionaux pour le développement de l’efficacité énergétique; et l’IRESEN (Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles) pour assurer la cohérence de la recherche dans l'ensemble des énergies et de participer au financement des projets.

Une dynamique continue
Ainsi, en plus de la fameuse centrale Noor de Ouarzazate, ce sont quatre autres projets dans le solaire qui se déploieront à Tata et Midelt, Boujdour et Laâyoune et d’autres projets éoliens ont vu le jour. Au final, le Maroc va même revoir à la hausse les objectifs assignés à cette stratégie à l’horizon 2020 et 2030.

Puis, la dynamique a été portée à un nouveau palier en novembre 2016, avec l’organisation à Marrakech de la 22ème Conférence des parties à la Convention- cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22), qui faisait suite à la COP21 à Paris et qui a donné naissance à un accord international engeant un grand nombre de pays à réduire les émissions des gaz à effet de serre, source de changements climatiques affectant le climat et des secteurs stratégiques (tels l’agriculture) des pays du Sud, dont le Maroc. Dans un discours très fort, le Roi Mohammed VI a, mardi 15 novembre 2016, appelé les pays avancés à prendre leurs responsabilités en matière de lutte contre le changement climatique et à en faire un combat commun s’élevant au-dessus des étroits individuels calculs.

«Le coût de l’attentisme et le manquement à l’impératif d’affronter le changement climatique et ses effets, auront des conséquences graves, mettant en péril la sécurité et la stabilité et induisant l’extension des foyers de tension et des crises à travers le monde», avait affirmé le Souverain, en prenant fait et cause en faveur des pays du Sud, notamment africains et insulaires.

Bilan positif
«L’enjeu, c’est l’existence de l’Homme, qui exige de nous d’oeuvrer ensemble main dans la main pour la protéger», a-t-il résumé. De cette COP de Marrakech sont nées des actions concrètes, dont l’engagement des pays avancés (pollueurs) de mobiliser 100 milliards de dollars américains à l’horizon 2020 (échéance récemment repoussée à 2025), conformément à l’engagement pris en novembre 2015. De cette COP est née, aussi, la volonté du Maroc d’adopter une stratégie nationale de développement durable qui est en cours de déploiement avec ses 21 plans sectoriels.

Le bilan, somme toute, est positif. L’action, provenant du secteur public ou du privé, a été rendez-vous. Le secteur financier et bancaire et des institutions comme la CDG se sont investis dans la finance climat en tant qu’intermédiaires évaluant, conseillant et finançant des projets verts bancables.

Bref, c’est tout un écosystème qui est en marche. Public et privé travaillent dans une synergie productrice, certifiant ainsi le succès d’un concept dont l’efficience a été longtemps mise en doute, celui du partenariat public-privé.


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