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LE DÉVELOPPEMENT PASSE PAR L'ÉCOLE RURALE

LES ENFANTS DE NOS ÉCOLES RURALES DOIVENT S’INITIER AUX QUESTIONS DU DÉVELOPPEMENT «DURABLE».

Reléguée souvent au second plan, l’école rurale est à l’image de notre espace rural. Espace qui n’a que très marginalement bénéficié des retombées d’un développement plus que jamais excluant socialement, inégalitaire spatialement et dommageable écologiquement. Comment alors prétendre s’attaquer à ces deux grands chantiers de l’éducation que sont la qualité et les inégalités quand le milieu rural ne rassemble aujourd’hui que 9% de l’ensemble des élèves inscrits dans les différents niveaux scolaires? «Un taux appelé à croître grâce aux efforts consentis par le gouvernement pour lutter contre l’analphabétisme, la déperdition scolaire et le manque de motivation des élèves», comme ne cessent de nous le répéter les responsables publics. En réalité, les établissements scolaires en milieu rural souffrent de ces multiples dysfonctionnements liés, notamment, aux constructions de classes, le plus souvent en préfabriqué. Types de constructions, le plus souvent, non raccordées aux réseaux d’eau et d’électricité. Je vous laisse imaginer l’absence de confort que ressentent nos écoliers vivant dans les montagnes les plus reculées du Royaume. L’accès à ces écoles est un véritable parcours du combattant.

Ajoutons à cela non seulement le déficit d’ameublement dans ces classes en préfabriqué mais aussi le manque de fournitures scolaires et l’absence de moyens didactiques. Quant aux enseignants qui vivent dans ces contrées lointaines, leur sort est loin d’être enviable. Souvent insuffisamment préparés professionnellement, ils ne sont pas en mesure de réveiller ce désir d’apprendre auprès de leurs élèves. Ignorant ou n’ayant pas appris le plus souvent l’usage de méthodes pédagogiques les plus efficaces pour les expérimenter sur des élèves provenant d’un milieu différent de celui où ils ont pris l’habitude d’évoluer. Tant que la majorité de nos enseignants qui exercent dans les écoles rurales restent sur des modèles traditionnels, il est peu probable qu’ils changent de type d’apprentissage. Changer de modèle d’apprentissage passe par la prise en compte des centres d’intérêt des enfants vivant en contexte différent. Loin d’un enseignement traditionnel, axé sur le rabâchage, les enseignants doivent soumettre à leurs élèves des problèmes concrets.

Le passage aux représentations symboliques et abstraites se fera, ainsi, plus aisément, une fois qu’ils ont développé cette première compréhension intuitive des problèmes posés, notamment lorsqu’il s’agit de l’enseignement de matières à caractère scientifique. Mais pas que. Par ailleurs, les enfants de nos écoles rurales, plus proches de la nature, doivent, plus particulièrement, s’initier aux questions de l’environnement. Questions plus que jamais à l’ordre du jour à l’heure du développement «durable». Développement, clé du bien-être, aussi bien pour les générations actuelles que pour les générations futures.


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