Le développement du Sahara marocain, le grand combat

DISCOURS ROYAL À L’OCCASION DU 44ÈME ANNIVERSAIRE DE LA MARCHE VERTE

Le Roi Mohammed VI renouvelle la détermination du Maroc à aller de l’avant, notamment au plan socioéconomique. Concrètement, cela se traduit d’abord par le modèle de développement qui vise à investir 140 milliards de dirhams dans les provinces du Sud, d’ici 2024.

Le Maroc est dans son Sahara et est bien décidé à y rester, peu importe le coût. Mais encore? Cette question, le discours de la Marche verte de ce 6 novembre 2019 en a semblé imprégné, puisque si la marocanité de l’Ouest du Grand Sahara est actée, qu’elle fait l’objet d’un consensus sans précédent à l’échelle internationale -seuls trente-et-un pays reconnaissent encore la pseudo «République arabe sahraouie démocratique » (RASD), autoproclamée en février 1976 par le mouvement séparatiste du Front Polisario- et qu’elle reste seulement à être validée au niveau du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), il demeure difficile de considérer que le combat pour le parachèvement de l’intégrité territoriale du Royaume est en passe d’être accompli.

Au contraire, les choses sérieuses commencent sans doute à peine, et ce pas seulement au Sahara marocain: à partir de maintenant, l’unité du territoire national doit non plus se voir uniquement dans les cartes, mais également sur les plans économique et social. «Le Maroc que nous appelons de nos voeux doit être édifié dans un esprit d’harmonie et de complémentarité entre ses régions», a, ainsi, souligné le roi Mohammed VI dans le discours.

Ressources et potentialités
Car le fait est que plus de soixante-trois ans, désormais, après l’indépendance, une partie du Royaume demeure encore enclavée, comme s’il s’agissait carrément, parfois, d’un autre pays. D’aucuns penseront sans doute d’abord, et ce à juste raison, à ce que la littérature coloniale française désignait par l’appellation de «Maroc inutile», c’est-à-dire ces larges pans qui n’ont pas eu l’heur de présenter assez d’attrait en termes de richesse au temps du protectorat, mais la chose concerne également des régions autrement riches: c’est le cas de Souss-Massa, nommément citée par le roi Mohammed VI et qui, en dépit de ses «ressources» et de ses «potentialités » et du rôle de «pôle économique reliant les parties septentrionale et méridionale» auquel elle peut légitimement prétendre -ce sont là les propres termes du Souverain- reste prisonnière de la compartimentation faisant de l’axe reliant les villes de Rabat et de Casablanca, et plus largement celles de Kénitra et d’El Jadida, encore le Centre du pays -ce qui était on ne peut plus pertinent dans la zone d’influence française mais n’a pas lieu d’être dans un Maroc qui s’étend du Sahara au détroit du Boughaz, dans le Nord. Partant, il est impératif d’opérer un décloisonnement qui viendra jeter aux orties les découpages d’antan.

En ce qui s’agit justement de Souss-Massa, l’idée du roi Mohammed VI est d’enfin la relier par train, en son chef-lieu d’Agadir, à partir de la ville de Marrakech, où s’arrête depuis plusieurs décennies le réseau ferroviaire national. Ce projet s’étendrait par la suite jusqu’à la ville de Dakhla, au Sahara marocain, et de là, éventuellement, au reste de l’Afrique, puisque la grande ambition du Souverain, comme il en avait fait part, déjà, dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2015, est de faire des provinces sahariennes un hub continental.

Vision royale
Dans le même sillage, selon le roi Mohammed VI, le développement du réseau routier doit être au rendez-vous: le discours n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler le renforcement en cours à ce niveau par le biais de la voie express Agadir-Dakhla. «Le Sahara marocain constitue le portail du Maroc vers l’Afrique subsaharienne», a-t-il réitéré. Le raccordement de Dakhla à Agadir puis, à partir de là, à la ville de Tanger au Nord et celle d’Oujda à l’Est n’en est, en outre, pas moins emblématique de la vision royale d’un Maroc des régions, où les différentes parties du territoire collaboreraient ensemble au bien-être de tous; «nécessairement» affirme le roi Mohammed VI.

Plan de travail
Il faut à cet égard rappeler qu’en même temps où il appelait, dans son discours d’ouverture du parlement du 13 octobre 2017, à actualiser le modèle de développement national, de sorte à le rendre plus «équilibré» et plus «équitable », le Souverain faisait de la régionalisation avancée un de ses piliers. A travers le dernier discours de la Marche verte, il a apporté davantage de détails sur le plan de travail qu’il souhaite voir mis en oeuvre. Pour les observateurs, cette intervention du roi Mohammed VI s’inscrit donc dans le droit fil de ce que, au cours des dernières années, il avait affirmé.

Il renouvelle la détermination du Maroc à aller de l’avant notamment au plan socioéconomique. Concrètement, cela se traduit d’abord par le modèle de développement qui vise à investir dans ladite région, d’ici 2024, 140 milliards de dirhams, sans plus attendre que la communauté internationale accorde enfin ses violons. Reste maintenant au gouvernement de Saâd Eddine El Othmani de mener la barque à bon port...


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