Discours d'ouverture de la session parlementaire d'automne

SM-roi-mohammed-VI



Recadrage royal


Très attendu, le discours  royal à l’ouverture de  la première session de  l’actuelle législature,  le vendredi 9 octobre  2015, a suscité un large débat  national sur les sujets abordés. Il  est effectivement intervenu à la  fin d’un long processus électoral  qui a permis la mise en place des  instances électives aux niveaux  local et régional, ainsi que la représentation  des corps professionnels  et de la population salariée. Le  tout couronné par l’élection de la  nouvelle Chambre des Conseillers,  telle qu’elle a été reconfigurée  par la constitution de 2011. Sans  oublier qu’il s’agit également de  la cinquième et dernière année de  la législature en cours. C’est dire  que le moment est d’une importance  manifeste à tous points de  vue, tout particulièrement pour  la marche institutionnelle du  Royaume.


Enjeu décisif
C’est précisément par cet aspect  que S.M. le Roi a entamé son allocution,  en rappelant que les personnes  passent, nécessairement,  alors que les institutions restent  et se pérennisent de par leur vocation  naturelle et fonctionnelle.  Partant de ce principe de base, les  élections ne peuvent être une fin  en soi, mais un moyen de parachèvement du chemin parcouru et du  chemin qui reste à parcourir, en  fonction des objectifs fixés et des  résultats escomptés. L’enjeu est  donc suffisamment décisif pour  qu’il ne se transforme en arène  de “surenchère” et “d’accusations  infondées” sur la régularité des  opérations électorales. «Les garanties  fournies valent bien celles que  l’on trouve dans les plus grandes  démocraties du monde», a affirmé  le Souverain. La justice étant à  disposition pour statuer sur les  plaintes et les oppositions éventuelles.


Ce dernier rendez-vous électoral,  avant les législatives de 2016, a en  effet ravivé une polémique qui a  accompagné la deuxième Chambre  depuis sa création et tout au long  de ses renouvellements compliqués.  Une batterie de questions a  toujours collé à cette mal-aimée  de l’architecture représentative,  du genre: “à quoi sert-elle?”; “que  gagnons-nous avec et que perdonsnous  sans?” Avec des appels répétés  à sa disparition et récemment  réitérés de l’intérieur même de la  coalition gouvernementale.


Sur ce sujet, la réponse de S.M.  le Roi est sans équivoque: «La  Chambre des conseillers se distingue  par une composition variée,  aux spécialités multiples, d’autant  qu’elle rassemble en son sein un  groupe de compétences et d’expertises  locales, professionnelles, économiques et sociales». Le Souverain  estime que cette chambre  «doit être un espace de débat  constructif, de pondération et  d’objectivité, et doit rester à l’écart  de toute considération politique».  Dans le même ordre d’idée, S.M.  le Roi a noté «avec une immense  fierté la participation massive des  habitants de nos provinces du Sud  dans les dernières élections. C’est  là une preuve démocratique supplémentaire  de l’attachement des  populations du Sahara à l’intégrité  territoriale et au système politique  de leur pays».


Espace de débat
Dans tous les pays qui ont adopté  cette forme bicamérale de la représentation  nationale, parmi lesquels  les démocraties les plus anciennes  et les plus aguerries, cette institution,  qualifiée de chambre des  sages, se distingue par sa capacité  de dialogue dans le calme et la  sérénité. Comme si elle prenait  un minimum de recul par rapport  à des sujets de grande sensibilité  politique, ou face à une actualité  tapageuse et tonitruante. Concernant  le fond et la forme des débats  dans l’enceinte du parlement ou  même à l’extérieur, le Souverain  regrette que «le discours politique  ne s’élève pas toujours au niveau  des aspirations des citoyens». Un  constat largement partagé, dans la mesure où tout un chacun  s’est vu parfois imposer, par la  retransmission télévisée, des  empoignades verbales et des  réparties qui ne sont pas de  nature à donner une image positive  de la fonction socio-politique  du parlementaire.


Pas plus que le discours négativiste,  à partir de représentations  et de positions partisanes arrêtées,  n’est le moyen adéquat  pour faire avancer l’ordre des  choses vers le meilleur.


Procédure d’adoption
Après une évaluation de ce qui a  été fait en matière de législation,  le Souverain a établi une sorte  d’inventaire de ce qu’il reste  à faire. Les projets de loi organiques  en suspens sont prioritairement  au nombre de quatre:  le caractère officiel de la langue  amazighe, le Conseil national des  langues et de la culture marocaine,  l’exercice du droit de grève  et le Conseil de régence.


Rien que «des textes juridiques  d’une importance capitale et  d’une extrême sensibilité». Sur  ces projets de loi, comme pour  ceux relatifs à certaines institutions  devenues entités constitutionnelles,  le retard des débats  et de la ratification a été promptement  pointé, «alors que quatre  années se sont écoulées depuis  l’adoption de la nouvelle constitution  ». Aussi, S.M. le Roi a-t-il  appelé à l’accélération de la procédure  d’adoption, en privilégiant,  autant que faire se peut, la  recherche du consensus constructif.  En définitive, l’important, a-til  rappelé, «n’est pas pour autant  uniquement l’adoption des lois  et leur publication au Bulletin  officiel, mais aussi la mise en  oeuvre de ces législations et l’installation  des institutions»


Laisser un commentaire