Enclavement des zones rurales

Un retard énorme à combler

Le niveau de développement économique et social du pays est encore en deçà de ses capacités, surtout dans les zones montagneuses et les zones rurales qui ont subi, malheureusement, un retard de développement considérable.

Des milliers, voire même des millions de Marocains vivent dans des conditions difficiles, si ce n’est inacceptables, dans des zones enclavées et marginalisées du pays. Certes l’Etat et la société civile lancent régulièrement des initiatives qui, à ce jour, n’ont pas permis d’inverser la tendance car elles sont trop périodiques. Le monde rural, où vivent 79,4% des personnes pauvres et 64% des personnes vulnérables, souffre, en effet encore, de plusieurs problématiques: persistance de la faiblesse des infrastructures, zones enclavées, faible accès aux services de base, insuffisance des infrastructures économiques, sociales et éducatives, analphabétisme des populations encore élevé… Le retard effrayant au niveau des infrastructures de base a incité l’Etat à faire une étude globale, dans laquelle il a recensé les besoins essentiels de la population dans des milliers de douars de différentes régions du Royaume. Ceux-ci auraient besoin d’une enveloppe de plus de cinquante milliards de dirhams pour être satisfaits.

Des conditions inhumaines
Plus que le froid et l’absence d’hôpitaux, le transport représente une véritable psychose pour les habitants. Le manque d’entretien des routes ou des ponts, lorsqu’il y en a, ne permet pas le développement d’une zone enclavée. Pour les montagnards, le mulet est certainement l’animal le plus prisé à cause du manque de routes praticables. Dans un autre registre, il est notamment à noter que le manque, voire l’absence de moyens de transport est une cause de l’absentéisme dans les écoles. Comment penser à la jeunesse, espoir de ces montagnes, si elle ne parvient pas à avoir accès à l’éducation? Comment permettre à ces enfants de se rendre au collège, au lycée, à l’enseignement supérieur si leurs parents n’ont même pas les moyens de les nourrir?

Le volet sanitaire et socio-économique partout dans le Maroc profond est en deçà des attentes de la population. La population de ces régions arriérées souffre du manque de matériel adéquat dans les hôpitaux et du manque de ressources humaines. Cette situation les oblige à parcourir des centaines de kilomètres pour rejoindre l’une des villes les plus proches, afin de bénéficier de leurs droits de base, dans des conditions parfois inhumaines. Certes, les caravanes sanitaires proposent des services variés et précieux aux villageois, mais leur caractère saisonnier rend leur impact limité dans le temps et dans l’espace.

Notre pays a été classé 129ème sur 187 dans l’indice de développement humain publié par le PNUD en 2014. C’est un classement inquiétant et décevant. L’une de ses causes majeures est le profond enclavement que subissent encore nos concitoyens du rural et des montagnes, qui ne l’oublions pas représentent près de 60% de notre population. Si le Maroc a enfin décidé de mettre à disposition de ces zones des budgets de développement dédiés, c’est qu’il y a eu une prise de conscience et une volonté d’agir pour tenter de régler certains problèmes liés notamment à l’infrastructure, la couverture énergétique, la santé et l’éducation.


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