Les enseignants contractuels persistent et signent

La fonction publique ou rien

Les enseignants contractuels ne veulent rien savoir: la fonction publique ou rien. En conséquence, la crise est toujours ouverte avec le gouvernement, qui tente par tous les moyens d’éteindre le feu de la contestation.

Jamais le secteur de l’Éducation nationale n’était entré dans une crise aussi grave et profonde. Il est vrai que tout le monde s’accorde plus globalement sur l’échec de l’école publique qui ne parvient plus à former les jeunes générations, mais de là à connaître une paralysie provoquée par les enseignants, cela montre clairement que le système éducatif va droit au mur. Depuis l’éclatement de la crise entre les enseignants contractuels et le gouvernement, la situation empire de plus en plus.

Accrochés à leurs revendications, qui se résument à l’abandon du contrat à durée déterminée et l’exigence de l’intégration pure et simple dans la fonction publique, les 65.000 enseignants contractuels défilent dans la rue dans le cadre de manifestations populaires dans plusieurs villes du Royaume. Voulant éteindre le feu de la contestation, le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Otmani, avait demandé au ministre de l’Éducation nationale, Saïd Amzazi, d’ouvrir un dialogue franc et sincère avec les syndicats des enseignants, dans le but de répondre à toutes leurs revendications. Une réunion a été tenue dans ce sens, samedi 9 mars 2019 à Rabat. Mais elle n’ pas été concluante.

Les syndicats présents refusent en bloc l’offre du gouvernement. Celle-ci comprend plusieurs mesures, dont la plus importante est l’abandon du système contractuel. Selon le ministre, chaque académie régionale recrutera et gérera ses effectifs en fonction de ses besoins et de ses budgets spécifiques.

Des avantages comparables
«Les contractuels seront intégrés aux académies régionales selon les mêmes conditions que les effectifs de n’importe quel établissement public, sans pour autant accéder au statut de fonctionnaire. Ils bénéficieront d’avantages comparables à ceux de leurs collègues fonctionnaires», promet ainsi le ministre. Mais la mobilité sera limitée à la région dont relèvera l’académie qui les a recrutés. Le gouvernement propose aussi la promotion en accordant aux cadres des académies régionales de l’enseignement et de la formation le droit à l’avancement de grade et d’échelle tout au long de leur carrière. Il s’agit également de la révision de l’article 25 du statut relatif à la retraite suite à une maladie grave, de manière à répondre favorablement à cette revendication et permettre aux cadres des académies régionales l’accès aux mêmes droits que les autres fonctionnaires.

L’offre du gouvernement vise également à leur permettre l’accès aux postes de responsabilité conformément aux conditions et modalités en vigueur. Du côté des syndicats, c’est le niet catégorique. Après une semaine de colère, ces derniers ont décidé de prolonger leur grève d’une semaine supplémentaire à compter du 11 mars 2019. La crise n’est pas encore près de s’éteindre, plongeant ainsi le système éducatif national dans le chaos.


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