État de santé de Nasser Zefzafi: que s'est-il réellement passé?

Nacer Zefzafi ©ph:DR

La famille du leader du Hirak rifain assure que son fils a subi un mini AVC. La DGAPR dément pour sa part.

Mais comment va donc Nasser Zafzafi? C’est la question à un million de dirhams à laquelle seule peut aujourd’hui répondre une poignée de personnes. Et parmi ces personnes, sans nul doute, les médecins du Centre hospitalier universitaire (CHU) Ibn-Rochd de Casablanca, où le leader du mouvement de protestation du Hirak ach-Chaâbi d’Al Hoceima a été transféré ce samedi 26 janvier 2019 en raison de ce que la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) affirme être «une enflure de la main résultant d’une blessure s’est infligée par lui-même»» mais qui, selon d’autres sources, pourrait être une cause bien plus grave, en l’occurrence un accident ischémique transitoire ou AIT.

Ce type d’accidents, qui consiste en une baisse de l’irrigation du cerveau, est considéré par les médecins comme un mini accident vasculaire cérébral (AVC). La version de ce qui s’est passé diffère selon qu’on pose la question à la DGAPR ou à la famille de M. Zafzafi et notamment son père, Ahmed Zafzafi, qui a publié un long texte dans la journée du lundi 28 janvier sur Facebook pour revenir sur ce qui est arrivé à son fils et qui, la veille, avait annoncé sur le même réseau social renoncer à toutes ses fonctions publiques pour se consacrer à son épouse, malade selon lui.

Selon d’abord l’administration pénitentiaire, M. Zafzafi aurait voulu «semer le trouble et l’anarchie». Il aurait exigé la présence du directeur de la prison ainsi que d’un médecin. Selon, cependant, Ahmed Zafzafi, son fils, soutenu en cela par d’autres activistes rifains également emprisonnés à Oukacha, aurait seulement, effectivement, demandé à voir le médecin, jugeant son état assez grave. Il faut dire que M. Zafzafi aurait déjà éprouvé, en mars 2018, le même mal au même pied, à savoir le droit, suivi graduellement d’une hémiplégie également du côté droit et même d’un évanouissement, suite à quoi il avait, déjà, été hospitalisé.

Un nouvel incident
Mais pour tout traitement, un simple gardien, et non un infirmier comme le soutient la DGAPR, n’aurait apporté qu’une bouteille d’alcool, dont il lui aurait conseillé d’enduire son corps. En tout cas, au CHU Ibn-Rochd, l’activiste est, selon Ahmed Zafzafi, examiné par un neurologue et un cardiologue, et là il aurait été surpris d’apprendre que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) qu’il avait effectuée en mars suite à ce qu’il affirme donc être une hémiplégie aurait révélé une contraction d’une artère du côté droit de la tête. Il assure qu’on ne lui a jamais rien dit à ce propos. La direction a indiqué qu’un examen médical est prévu dans deux mois et, qu’en attendant, une ordonnance médicale a été prescrite.

Toutefois, selon l’ancien coordinateur du Mouvement pour l’autonomie du Rif, Khamiss Boutakmante, proche par ailleurs de la famille Zafzafi, M. Zafzafi ne se serait pas vu administrer de médicaments depuis sa sortie de l’hôpital dans la nuit du 26 janvier. Joint par nos soins, le concerné nous a déclaré que l’activiste serait notamment en besoin d’acide acétylsalicylique pour permettre d’augmenter le débit sanguin, afin d’éviter, selon lui, un nouvel incident.

En tout cas, M. Zafzafi semble loin de passer aux oubliettes, puisque bien qu’incarcéré, il continue d’occuper l’espace public presque autant que lorsqu’il dirigeait le Hirak ach-Chaâbi depuis la rue.

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