L'exode des informaticiens marocains se poursuit

Une véritable hémorragie

Plus de 2.000 informaticiens quittent chaque année le Maroc, pour aller faire carrière à l’étranger. La France, qui en profite le plus, cherche à compenser le Maroc, à travers un partenariat win-win qui manque encore de clarté.

L’exode des cerveaux marocains continue. Après s’être formés dans leur pays d’origine, et à défaut de motivations et de perspectives dans le milieu du travail dans la majorité des cas, des jeunes informaticiens marocains sont séduits par des offres de travail alléchantes, irrésistibles, en France. Notamment avec le nouveau dispositif français de recrutement des étrangers, qui a réduit les délais d’obtention du titre de séjour.

Lancée en 2017 par François Hollande, cette mesure, qui vise à faciliter le recrutement de profils étrangers hautement qualifiés par des entreprises technologiques, est beaucoup plus attractive depuis le 1er mars 2019. Concrètement, depuis cette date, le programme «French Tech Visa», a été grandement simplifié pour accélérer (on passe de 6 mois à 15 jours) la durée des formalités administratives d’obtention du permis de séjour pour les travailleurs étrangers recrutés par des entreprises innovantes, ainsi que pour leurs familles.

Des collaborateurs motivés
Cet exode a causé une pénurie de cette matière grise au Maroc. C’était d’ailleurs, le sujet principal de la discussion entre représentants des gouvernements français et marocain à l’occasion du salon VivaTech de Paris, organisé du 16 au 18 mai 2019. «Aujourd’hui, dans la Tech, les Français peuvent compter beaucoup sur les talents marocains, mais il faut que cela se fasse de façon win-win», a affirmé le secrétaire d’Etat français au Numérique, Cédric O. Le ministre, qui a eu des entretiens avec son homologue marocain de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy, a expliqué que ce partenariat win-win permettra à la France de pouvoir continuer de compter sur les talents marocains, mais aussi que «l’on vienne au Maroc aider les entreprises marocaines à se développer et à former des personnes».

D’après l’enquête du portail de recrutement Rekrute, 85% des Bac+4 et 70% des Bac+5 et plus ont déjà été approchés par un recruteur étranger. Le salaire variable, bonus et primes, reste un très bon moyen pour motiver les collaborateurs. Nos jeunes ingénieurs et techniciens informaticiens s’expatrient à la recherche d’une vie meilleure, d’une dignité perdue dans leur pays d’origine. Il faut rappeler que les instituts marocains forment, annuellement, près de 8.000 cadres dans plusieurs spécialités liées aux technologies de l’informatique. 20% d’entre eux optent pour l’immigration, notamment en France et en Belgique.

Le marché des informaticiens marocains affiche une rareté de cadres informaticiens, ce qui inquiète les spécialistes du secteur. Alors que le pays accueille des projets internationaux de grande envergure, le déficit en compétences qualifiées se fait sentir.


1 commentaire

  • Rida

    31 Mai 2019

    Les Spécialistes du Secteurs n'ont qu'à mieux réfléchir pour démontrer les vraies causes de cette hémorragie ou se taire... Quant aux Dirigeants d'Entreprises bien pensants et Désinvoltes qui s'en plaignent, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux même, et à remettre en question leur Approche et leur Gestion en matière de Ressources Humaines Moyenâgeuses. La Pierre n'est pas à jeter à ces lauréats, fraîchement diplômés, inconsidérés à leur justes valeurs et négligés dans leur propre pays, et qui ont tout à fait raison de s'expatrier et de vendre leurs compétences aux plus offrants. C'est leur Inaliénable Droit !!! Et de tout Cœur !!! Bonne Chance à EUX !!!

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