Fatima-Zahra Mansouri recadre Benchamach


DU RIFIFI AU PAM


C’est une crise de leadership et de gouvernance au sein du PAM qu’un message WhatsApp fuité de la présidente du Conseil national du parti, tente de dénouer en s’insurgeant contre une surenchère d’égos.

“Contrairement à ce qui a été relayé dans les médias, j’ai envoyé samedi 24 novembre 2018 un message WhatsApp au secrétaire général du parti qui a ensuite fuité. Mais il ne s’agit nullement d’une lettre ouverte”, confie Fatima-Zahra Mansouri, présidente du Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM) et ex-maire de Marrakech, après le tollé occasionné par son message sur WhatsApp destiné à Hakim Benchamach, secrétaire général du PAM, qui a été pris pour une lettre ouverte annonçant la mort du parti.

Selon la numéro 2 du PAM, le contenu de son texte dénote de la vivacité du parti et de l’attachement des militants au projet qu’il porte et montre qu’il y a une divergence de points de vues. Elle poursuit qu’il ne s’inscrit en aucun cas dans une logique de rupture mais plutôt dans une vision de dialogue et de débat interne démocratique qui permet à chacun de ne pas être d’accord avec la ligne du parti.

Concentration de pouvoirs
«On nous a suffisamment taxés de parti télécommandé. Ce débat interne et cette vivacité sont très bénéfiques à la construction du parti et prouvent que ce parti est vivant et que chacun peut exprimer librement son point de vue.» Mme Mansouri assure que son message traduit un refus de la décision unique et unilatérale et de la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’une équipe réduite sans que les autres institutions du parti ne soient éclairées par rapport aux décisions prises. Dans le message WhatsApp qu’elle a adressé au secrétaire général du parti du tracteur, Mme Mansouri souligne que le parti déraille des objectifs tracés par de grands hommes qui l’ont fondé: «Je vous écris pour vous dire que de grands hommes ont fait naître ce projet, cette vision, qui sont ceux des Marocains. Fouad Ali El Himma, Salah El Ouadie, Hassan Benaddi, Ahmed Akhchichine et tant d’autres avaient en commun de servir ce grand pays qui est le nôtre.»

L’ancienne maire de Marrakech dénonce le fait que son parti soit «tombé dans une basse surenchère d’égos et que certains, pour défendre leurs petits intérêts, sont prêts à mettre à mort cet énorme projet... Je vous ai fait confiance. J’ai voté pour vous (…) en étant persuadée que vous vous inscrivez dans la lignée de ces grands hommes, mais malheureusement le changement et la rupture promis ne viennent pas, la déception grandit et les égos prennent le dessus sur la sagesse», a-t-elle écrit au leader du PAM. Son coup de gueule ne traduit pas une menace de quitter le navire de la formation politique. Mieux, Mme Mansouri reste confiante au sujet des prochaines législatives de 2021.

Objet de la discorde, d’après des sources internes au parti, c’est la volonté de Hakim Benchemach de briguer de nouveau la présidence de la Chambre des conseillers au moment où les partisans lui demandent de se consacrer à la gouvernance du PAM qui, depuis sa défaite aux législatives de 2016 face au PJD et les échecs de son prédécesseur, Ilyas El Omari, est en perte de vitesse. Dans les perspectives des prochaines élections législatives de 2021, son rôle précurseur au sein de l’opposition s’affaiblit petit à petit au profit d’un Istiqlal ressaisi après l’élection de Nizar Baraka à sa tête.

Laisser un commentaire