Les festivals au Maroc, une industrie rentable

Emplois, contrats pour prestataires locaux, hausse du chiffre d'affaires des hôteliers...

Le nombre des festivals n’a cessé de croître ces dernières années: Festival d’Essaouira, Mawazine, Festival des musiques sacrées du Monde, Timitar… Leurs retombées économiques également.

L’agenda annuel des festivals au Maroc est très chargé, au plaisir d’un public de plus en plus conquis du fait d’assister en direct à ces stars préférées. Musiques Sacrées de Fès, Gnaoua d’Essaouira, Mawazine de Rabat, Timitar d’Agadir… Si leurs débuts ont été difficiles, au fil des éditions, ces festivals sont devenus des marques notoires avec un modèle économique et un business plan rentables. Les plus grands festivals du Maroc créent des emplois sur une période d’au moins 4 à 5 mois par an et font vivre des milliers d’artisans, d’indépendants et de prestataires, sans parler du fait qu’ils redynamisent la machine de secteurs comme le transport, l’hôtellerie, la restauration...

Dynamique économique
Le festival de Gnaouas d’Essaouira, qui vient tout juste de signer sa 22ème édition, est un exemple édifiant de cette dynamique économique créée autour de cet événement artistique. Une étude de l’impact économique, réalisée par le cabinet Valyans, a démontré que chaque dirham investi dans le financement du festival génère 17 dirhams au titre des retombées économiques directes sur la ville d’Essaouira. A la grande joie des hôteliers, propriétaires de taxis, restaurateurs... A Agadir, les professionnels de la ville s’impatient à l’approche de chaque nouvelle édition du festival Timitar. Les jeunes de la région sont nombreux et majoritaires à bénéficier des postes d’emplois et des offres de free-lance qui se créent autour de ce rendez-vous très attendu.

Visibilité médiatique
L’événement le plus populaire et certainement le plus médiatisé demeure, incontestablement, le festival Mawazine. Grâce à une importante couverture internationale, cet évènement draine plus de 2 millions de spectateurs et est visionné par près de 100 millions de personnes dans le monde, selon les organisateurs. Ce qui veut dire une retombée médiatique internationale inestimable pour le Maroc et sa capitale en particulier. Shakira, Quincy Jones, Stevie Wonder, Joe Cocker, Rihanna… Ces célébrités en parlent en long et en large de leur voyage au Maroc sur leur compte Twitter ou Facebook, leur site web ou leur fan page.

Selon Maroc Cultures, l’organisateur du festival Mawazine, en plus de permettre à la musique marocaine de bénéficier d’une visibilité unique à l’international, ce festival a développé, depuis sa création en 2001, une filière de professions liées à son activité «en privilégiant une collaboration rapprochée avec des prestataires locaux et en embauchant des personnes expérimentées dans leur domaine». Régisseurs, ingénieurs, techniciens son et lumière, techniciens en charge du montage des installations scéniques, directeurs techniques, chargés de communication, administratifs, gestionnaires, agents de sécurité, cuisiniers et imprimeurs constituent la longue liste des professions concernées et surtout profitant de l’activité économique générée par Mawazine. Véritable fourmilière, le festival, qui attire les plus grandes stars du monde, doit réunir des compétences toutes spécialités confondues. Travaillant avec plus de 125 entreprises marocaines, Mawazine négocie des partenariats sur trois ans avec des prestataires clés. «Résultat: les entreprises locales ont pu s’équiper et former leurs équipes pour répondre aux besoins des plus grandes productions internationales», soulignent non sans fierté les organisateurs.

Boom touristique
Commerce de détail, restauration, hôtellerie et transport sont les grands secteurs bénéficiaires de ce type de festivals: leurs chiffres d’affaires augmenteraient (en moyenne) de 30% pendant le festival, pour atteindre plus de 6,5 millions de dirhams. Le domaine de l’hôtellerie connaitrait aussi une croissance notable en période de festival, lors de laquelle le taux d’occupation serait deux à quatre fois plus élevé qu’en période normale. Les hôtels connaissent une croissance moyenne de 22% de leurs chiffres d’affaires, qui se traduit par 12 millions de dirhams de revenus. Le taux d’occupation des hôtels est de 100% pour les 4/5 étoiles et de 63% pour les autres catégories.

Somme toute, environ 3.000 emplois bénéficient, directement ou indirectement, de l’organisation de ce grand événement. Même si la grande majorité des festivals s’appuient sur le sponsoring et le mécénat d’entreprises publiques et privées, ils créent, à coup sûr, une activité économique occasionnelle, saisonnière mais pérenne pour une grande frange de professionnels qui gravitent autour de cette véritable industrie culturelle marocaine en phase de maturité.


1 commentaire

  • m2m

    24 Juin 2019

    Faut pas cacher le soleil avec un tamis .Tout un chacun sait que les sociétés et les prestataires de services qui travaillent avec les festivals sont la propriété de personnes bien placées ou de leur entourage immédiat. D autre part affirmer que "des festivals s’appuient sur le sponsoring et le mécénat d’entreprises publiques et privées"est un leurre.Tout cet argent provient indirectement du contribuable étant donné que les privés vont tirer profit de ce stratagème pour la défiscalisation et la visibilité médiatique .Les entreprises publiques quand a elles sont entre les mains de personnes qui n ont aucun remord a se faire lorsqu ils dilapident l argent des pauvres.De grâce arrêtons de banaliser les demi- vérités .merci

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