Nos fonctionnaires sont-ils trop bien payés?

PROJET DE LOI DE FINANCES 2020 EN DISCUSSION AU PARLEMENT

Au lieu de se focaliser à chaque fois sur ce que coûtent les salaires des fonctionnaires au budget de l’État, ne faut-il pas, au contraire, privilégier le débat sur l’efficacité de l’action publique?

La masse salariale publique, considérée comme trop élevée, est une question qui revient toujours sur la table, chaque fois que le projet de loi de finances (PLF) est en discussion au Parlement. Elle s’avère être une de ces dépenses, qui comme l’endettement public, sont considérées comme autant de boulets qui pèsent sur la position budgétaire du Royaume. Absorbant plus de la moitié du budget de fonctionnement, les dépenses du personnel atteindront 138 milliards de dirhams en 2020, selon le projet de loi de finances élaboré par le département que dirige Mohamed Benchaâboun. Ce qui représente 1,7 fois les dépenses d’investissement du budget général prévues et 37,3% du budget (hors amortissement de la dette). Ces dépenses vont absorber 48% des recettes ordinaires. Situation d’autant plus insoutenable, nous dit-on, que ces dépenses de personnel se trouvent alourdies, suite aux mesures décidées lors du dialogue social, par les augmentations de salaire des fonctionnaires qui seront effectives dès janvier 2020. Soit un fardeau budgétaire annuel de plus de 14,2 milliards de dirhams.

Une situation insoutenable
Devant ce constat, les réponses invoquées, notamment par le gouvernement, ne donnent pas, souvent, pleine satisfaction, sauf à considérer que nos fonctionnaires, trop pléthoriques, seraient ce fardeau qui empêcherait le secteur privé, seul véritable créateur de richesses et d’emplois, de se développer. Une vision aussi fausse que celle qui considère que nos fonctionnaires, tout en travaillant moins, seraient mieux protégés et mieux avantagés que les salariés du secteur privé. La solution serait-elle, alors, de réduire le nombre de fonctionnaires? Si on considère cette option comme souhaitable, il faudrait, alors, savoir, combien de postes supprimer, et lesquels. Ceux des médecins, des infirmières, des enseignants ou des policiers? Ou ne faut-il pas poser le problème autrement. Notamment en essayant de savoir si la question du nombre de fonctionnaires n’occulte pas une autre approche, plus pertinente: celle de l’efficacité de l’action publique et des réformes nécessaires dans la gestion des personnels du public pour l’améliorer.

Quant aux augmentations ponctuelles de salaires de 100 à 200 dirhams, dont vont bénéficier, dès le début de 2020, certaines catégories de fonctionnaires, elles paraissent tellement modiques qu’elles ne font que colmater les brèches du budget de tous ceux qui trouvent toute les peines du monde pour faire face à des fins de mois difficiles. Certes, ce n’est pas «plus il y a de fonctionnaires, mieux c’est». Encore faut-il que l’action de ces employés du secteur public corresponde aux besoins réels de la société. Et, sur ce plan, nous avons à coup sûr d’importants progrès à réaliser. Par ailleurs, vu que le système de rémunération de l’administration publique s’appuie sur une architecture complexe composée d’échelles, échelons et grades, n’est-il pas temps de le réformer pour le rendre plus simple, plus transparent et plus lisible?.


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