Les Français ont mal à la France

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LES “GILETS JAUNES” PARALYSENT L’HEXAGONE


Magasins saccagés, voitures brûlées et affrontements violents avec les forces de l’ordre. Un soulèvement qui ressemble à un projet d’insurrection nationale. Le taux d’encadrement des mouvements sociaux par les partis politiques sont faibles en France comme au Maroc.

Depuis les élections présidentielles et législatives de 2017, la France semblait couler des jours pacifiques tel un long fleuve tranquille. Ce n’était que le calme qui précède la tempête. La France est dans la rue. La grogne couvait en silence. C’était juste des complaintes qui accompagnaient l’apéro, une baguette sous le bras. Cette image d’Epinal de la France profonde à la Marcel Pagnol a suspendu ses airs de bon vivre pour rallier l’agglomération la plus proche et participer à la grande manif. Il suffisait de se procurer un gilet jaune, signe de ralliement simple et efficace pour en faire partie de plein droit. Qu’est-ce qui a fait bouger la France des villes et des campagnes à ce point de mobilisation?

Au commencement était la hausse des prix du carburant, en partie due au contexte international; mais aussi à l’augmentation de la fiscalité de ce produit névralgique, fixée par l’État. En un an, le prix d’un litre de diesel a augmenté de 20% et celui de l’essence de 14%. Naturellement, ce sont les professionnels du transport routier qui se sont manifestés les premiers, parce que les plus pénalisés. Mais aussi le commun des consommateurs.

Mesures de rattrapage
En fait, tous les Français qui possèdent une voiture. Progressivement, le cercle des manifestants s’était agrandi. Tous les porteurs de revendications jugées légitimes, souvent à bon escient, étaient dans les rangs. Des casseurs aguerris ou simplement désespérés s’y sont engouffrés. Saccages des magasins, voitures brûlées et affrontements violents avec les forces de l’ordre. L’image d’une France en révolte.

On a coutume de dire que les Français aiment manifester, à tort ou à raison. Les râleurs inconsolables sont constamment volontaires. Cette fois-ci, c’est réellement la France qui a mal à la France. Les amis d’Emmanuel Macron, président de la république, s’en sont aperçus juste avant que l’ensemble du pays n’entre en insurrection. Des mesures de rattrapage sont prises. Annulation de la hausse du carburant; une rallonge de 100 euros pour le smig et une série de défiscalisations sur les salaires.

Comme d’habitude, certains événementiels made in France renvoient à un parallèle avec le Maroc. Ce mouvement de contestation qui relève de la désobéissance civile, à l’échelle nationale, est-il possible au Maroc? Les ingrédients déclencheurs sont presque analogues, sans être forcément les mêmes. En plus des questions conjoncturelles relatives à la relation salaires-pouvoir d’achat, un autre paramètre est à relever, le taux d’encadrement des mouvements sociaux par les partis politiques et les syndicats. Il est désespérément faible, à la fois en France et au Maroc.

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