La gestion de Rabbah mise à l'index par la Cour des comptes

Énorme gâchis au ministère de l'equipement

La Cour des comptes a consacré une vingtaine de pages au département dirigé par Abdelkader Amara et qui ont révélé une gabegie et une gestion chaotique du temps de Aziz Rabbah.

Que se passe-t-il au ministère de l’Equipement et du Transport? Le dernier rapport de la Cour des comptes, qui consacre une vingtaine de pages au département dirigé aujourd’hui par Abdelkader Amara, a révélé au grand jour une gabegie effrénée et une gestion chaotique: Une charte éthique inconnue, des toners pour imprimantes au prix exorbitant et exagéré... Mais, tout d’abord, une précision s’impose: La mission de contrôle a été effectuée au titre des années budgétaires 2012- 2017, soit du temps de Aziz Rabbah. De retour aux conclusions du rapport, il paraît que le volet éthique et intégrité est le grand absent au niveau de la gouvernance de ce département, régi par la «Charte des travaux publics», un document adopté depuis 1997 et plus récemment (2006) par la «Charte des ressources humaines».

Absence d’éthique
Interrogés à ce sujet, des responsables ont affirmé qu’ils «ignoraient totalement» leur existence. Aussi, un système de pointage existe mais il n’est pas opérationnel dans plusieurs directions relevant de ce département. Dans sa réponse, le ministère reconnaît «certaines périodes de l’utilisation irrégulière du système de contrôle d’accès» et, en même temps, «avoir procédé à l’acquisition des équipements nécessaires pour la généralisation de ce système à l’ensemble de ses services extérieurs.» De l’argent dépensé, mais sans traçabilité aucune. Le pire dans la suite. Dans un chapitre dédié aux «mesures prises par le ministère en matière de l’économie des ressources», le rapport évoque des «jeux de toner HP couleur laserjet CP52255» achetés à un prix unitaire de 16.800 dirhams alors que ce prix sur le marché ne dépasse pas 2.000 dirhams. Le document relève, avec étonnement, l’achat de clés USB 32 GO à 720 dirhams l’unité, tandis que le prix unitaire de ces clés sur le marché ne dépasse pas, au plus, 200 dirhams. La Cour s’étonne également de «l’absence d’un référentiel ou banque d’informations sur les prix et les fournisseurs» et la «non instauration d’un service de contrôle de gestion chargé des études des marchés et des contrats d’acquisition en termes de coûts et de qualité».

En guise de réponses ou plutôt d’arguments, le ministère avance que le prix de 720 dirhams TTC des clés USB «se rapporte à une mémoire de stockage de haute qualité, de métal incassable et non pas d’une mémoire de stockage normale d’une durée de vie limitée ». Et de préciser que les prix figurant sur les bons de commande ont été adoptés, pour les deux cas, «après avoir consulté trois fournisseurs». Des réponses qui enfoncent davantage les ministres pjdistes Rabbah et Amara (ce dernier s’étant inscrit dans la continuité de cette gestion chaotique) mais qui interpellent sur la politique d’austérité budgétaire du gouvernement d’El Othmani et, avant lui, de Benkirane.


14 commentaires

  • Raho

    26 Septembre 2019

    Bonne continuation si Rabbah

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