POUR UNE PLUS GRANDE INTÉGRATION DES MRE

Forum sur l’investissement et le tourisme des Marocains du monde

Les décideurs doivent impliquer davantage les MRE dans le développement du Maroc et non plus seulement voir en eux des ressources en devises.

Sans que vraiment grand monde y prête assez d’attention, la ville de Meknès a accueilli, les 15 et 16 novembre 2019, le premier forum sur l’investissement et le tourisme des Marocains du monde. Comme l’indique son nom, cet événement aux manettes duquel s’est trouvée l’Organisation nationale des Marocains du monde (ONMM), a eu pour principal objectif de sensibiliser la nombreuse diaspora marocaine de par le monde -jusqu’à 5 millions de personnes, selon certaines sources- aux potentialités de son pays d’origine en matière d’investissement et de tourisme et, éventuellement, de la convaincre d’y mettre ses billes.

Vaste programme, qui méritait sans doute une plus large couverture médiatique qu’il n’en a été dans les faits. Car les Marocains du monde, ou MRE (Marocains résidents à l’étranger) comme il est également commun de les appeler, peuvent véritablement être un moteur pour le développement de leur pays. Ils le sont déjà, dans une certaine mesure: en dehors de l’impact purement économique de leurs envois, qui se sont élevés à près de 65 milliards de dirhams l’année dernière selon l’Office des changes (OC), on sait aussi qu’ils participent à l’évolution sociale du Maroc notamment sur les plans de la pauvreté et des inégalités, de l’éducation ou encore de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, comme l’avait révélé, en 2008, le Fonds des Nations unies pour l’enfance dans une étude. La littérature économique s’accorde, à cet égard, à dire que les transferts d’argent des migrants à leurs pays d’origine sont la source la plus importante et la plus stable de financement extérieur, dans la mesure où ils n’obéissent pas aux règles égoïstes du marché et procèdent de sentiments purement altruistes envers les siens, et sont donc moins volatils: les MRE, depuis qu’ils ont commencé à former leurs premières grandes communautés à l’étranger, prouvent largement la validité de cette assertion.

Mais ceux-ci se doivent-ils sempiternellement de rester cantonnés à ces transferts? Car c’est l’impression qui se dégage souvent quand on mesure leur poids non-économique dans la marche de leur pays. Au plan politique, c’est à peine s’ils ont leur mot à dire puisque si l’on excepte la présence, depuis novembre 2002, d’un ministère des MRE au gouvernement, les concernés ne disposent pas par exemple de représentation au parlement, contrairement à beaucoup de pays dans une situation similaire. Même topo en ce qui s’agit de l’investissement, dans la mesure où des barrières à l’entrée les empêchent de véritablement prendre part à la vie économique: les problèmes avec l’administration (42,2%), la disponibilité et le coût des financements (18,4%), la corruption (13,4%), les impôts trop élevés (13%), l’abus de confiance par les partenaires commerciaux (6,8%) et l’accueil qui leur a été réservé (3,8%) furent les principaux éléments trouvés dans l’enquête socio-économique que l’économiste Bachir Hamdouch avait dirigé sur les MRE à la fin des années 1990.

Ceci est bien évidemment également le lot des Marocains restés au pays, mais c’est fort regrettable lorsque l’on tient compte du potentiel dont il est question: dans une revue des émigrés marocains intitulée Talents à l’étranger, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait qualifié, début 2017, la diaspora marocaine de «grandissante, hétérogène et dynamique» et qui «représente une ressource majeure pour l’économie marocaine» et avait rappelé qu’en Amérique du Nord et en France des milliers de Marocains occupaient des emplois hautement qualifiés.

Pour sa part, le Haut-Commissariat au plan (HCP) avait relevé, dans une enquête sur la migration de retour au début des années 2000, que 26,9% des migrants sondés avaient réalisé au moins un investissement, ce qui selon lui «dénote une tendance intéressante à vouloir investir». De quoi inciter les décideurs à faire en sorte d’impliquer davantage les MRE dans le développement du Maroc et non plus seulement à voir en eux des ressources en devises auxquelles faire appel les années de vache maigre...


1 commentaire

  • ben mhammed

    24 Novembre 2019

    Que fait le gouvernement ou les gouvernements qui ont sucé à tour de rôle le sang des Marocains .Ils servent à quoi ces Messieurs en cravates costumes et en Mercedes avec chauffeur svp que font les milliers de KHodam Adowla avec leur gros ventre et leur grande arrogance pour que le développement du "pays" incombe aux immigrés. Nous immigres(faut arrêter d'utiliser le RME pour faire joli) on connaît bien la chanson, quand les caisses sont vides on appelle le zmagri de service pour le plumer ou le cuisiner à feu doux .En 1992 j'ai décroche mon diplôme après 17 années de dur labeur ponctué de souffrance et de nécessité .J'avais de grands rêves et beaucoup d'espoir mais tout s est fracassé sur le mur de la dure la réalité .Après cinq années de chômage j'ai dû emprunter une somme d'argent pour démarrer un petit projet avec un ami. On a galéré pendant 3 ans comme des fous pour ne voir la couleur de l'argent qu'au bout de la cinquième année, juste a pique pour qu un monsieur décède et qu'on interdise toute sorte de liesse populaire .Conséquence :des années de sueur et beaucoup d'argent parties en fumée alors que mes poulets sont restés sur le carreau ou plutôt dans l'écurie. De l'autre par mon père se battait de son coté dans les couloirs des tribunaux pour récupérer son logement loué à un avocat et à qui la loi n e s'est jamais appliquée .Résultats :des millions de centimes devorés par les différentes procédures, un manque à gagner en loyer qui se chiffre à des millions aussi ,sans parler du logement qui semble être perdu à jamais vu l'injustice de notre système judiciaire... Voilà deux exemples parmi des milliers sinon des millions qui ont ete choyés par leur pays . En 2002, je me suis débrouillé pour quitter le bateau en derive et je me suis réfugié dans un pays anglophone qui m'a donné la citoyenneté et qui m'a garanti tous les droits dont jouissent ses citoyens de souche .En 17 ans je n'ai mis les pieds au bled qu'une seule fois , je n'investirai pas un "frank" là-bas .Pas de regret et chapeau bas a tous les irresponsables marocains qui ont reussi la ou le colonialisme a echoué. Bravo Messieurs.

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