La guerre entre le RNI et le PJD fait rage

En prévision des élections législatives de 2021

Après la sortie médiatique de Aziz Akhannouch pour annoncer son ambition de remporter les élections de 2021, Mustapha Ramid rétorque en avançant que le PJD n’a pas de concurrent.

Dire que rien ne va plus entre le PJD et le RNI ne serait évidemment pas un fait nouveau. Depuis quelques mois, en effet, le torchon brûle bel et bien entre les deux principaux alliés politiques dans le gouvernement. Attaques verbales systématiques, échanges de critiques acerbes et publication de communiqués incendiaires, les deux partis se livrent une guerre de mots et d’intentions qui fait penser à une rupture imminente entre les deux formations.

Des voix potentielles
Le président du RNI, Aziz Akhannouch, dans une récente interview au magazine Jeune Afrique, a déclaré que son parti se verrait bien en haut de l’affiche lors des prochaines élections législatives de 2021.

«Chaque parti qui se respecte a pour ambition de remporter les élections», explique le leader du RNI, qui compte bien chercher ses électeurs «là où il sont, c’est-à-dire partout, y compris dans les rangs du PJD». «Mais le véritable réservoir, ce sont les abstentionnistes. Sur les 21 millions de Marocains en âge de voter, seuls 7 millions vont aux urnes. Ce sont ces 14 millions de voix potentielles qu’il faut convaincre», développe celui qui rêve de conduire la future majorité gouvernementale. Ces déclarations, qui traduisent des ambitions politiques pour le moins légitimes, n’ont pas trouvé bon écho chez les dirigeants du PJD.

Notamment chez le ministre des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid. «Il n’y a malheureusement pas de parti pour concurrencer le PJD» rétorque, visiblement énervé, l’ancien ministre de la Justice dans le gouvernement de Abdelilah Benkirane, lors de son intervention à la session de travail du comité chargé du dialogue interne de son parti pour la région Casablanca-Settat, dimanche 17 mars 2019. «Comment un parti arrivé quatrième en 2016 ferat- il pour remonter à la première position? Et pourquoi le PJD perdrait-il sa première place?», ajoute-t-il. Pour le ministre chargé des Droits de l’Homme, toutes les données indiquent que le PJD est le mieux placé pour arriver premier, «si la démocratie et la concurrence sont bien respectés», précise-t-il. Le moins que l’on puisse dire est que les deux partis sont entrés dans une guerre électorale avant terme.

Une guerre qui ne fait qu’empoisonner les relations au sein de la majorité gouvernementale et constitue probablement un frein au fonctionnement normal du gouvernement. Mais, toujours est-il, le RNI, sous la direction de son président, semble bien déterminé de déloger le PJD et offrir ainsi aux Marocains une belle alternative politique aux islamistes.


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