Incertitudes au coeur de l'économie mondiale

LES GUERRES COMMERCIALES SE POURSUIVENT DE PLUS BELLE. LE MAROC N’EST PAS À L’ABRI.

Le poids grandissant des incertitudes mondiales, qu’elles soient d’ordre économique, financier ou géopolitique, a contribué à instaurer un climat économique moins porteur aussi bien à l’étranger qu’au niveau national. En effet, l’évolution conjoncturelle de l’économie marocaine se réalise dans un contexte international marqué par des signes de ralentissement de la croissance mondiale. Le FMI ne vient-t-il pas, une fois encore, de revoir à la baisse les perspectives de croissance de l’économie mondiale pour 2019, à 3% au lieu de 3,3% initialement prévus en avril 2019, soit le rythme le plus lent depuis la crise financière mondiale de 2008?

Cet essoufflement est d’abord perceptible chez nos partenaires européens. Ainsi, l’Allemagne est entrée en récession au moment où la crise politique italienne s’aggrave; les incertitudes liées au Brexit sont plus fortes que jamais; la guerre commerciale Union européenne (UE)-Etats-Unis d’Amérique (principaux partenaires du Maroc) bat son plein à coup de représailles et de contre-représailles. Les États-Unis ont commencé, le 18 octobre 2019, à appliquer des taxes douanières punitives sur les produits européens. L’Europe ne reste pas les mains liées et promet de riposter. Les relations entre les deux géants économiques font l’objet de tensions depuis plus d’un an et demi. Cette nouvelle offensive survient alors que les Etats-Unis et la Chine ont conclu un accord partiel censé mettre fin à leur guerre commerciale. Guerre commerciale qui se poursuit de plus belle. Le conflit des deux avionneurs Airbus et Boeing n’est que l’un des nombreux problèmes qui ont alimenté les tensions transatlantiques. Un autre conflit qui se rajoute aux droits de douane plus élevés imposés par le président américain Trump sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’UE et d’autres pays alliés. Tout en laissant planer la menace de faire de même avec l’industrie automobile.

Selon le même FMI, la hausse des droits de douane et l’incertitude prolongée sur le volet de la politique commerciale nuisent aux investissements et à la demande de biens d’équipement. Chiffres à l’appui, la croissance du volume des échanges commerciaux au premier semestre 2019 est tombée à 1%, soit le plus faible niveau enregistré depuis 2012.

Aux côtés des conflits commerciaux, les tensions géopolitiques (Iran, Syrie, Venezuela, Cachemire, Corée du Nord …) n’en continuent pas moins de s’accumuler à leur tour. L’essoufflement économique mondial est d’autant plus inquiétant qu’il est dû particulièrement aux moindres performances enregistrées par certains de ces pays que l’on considère comme les moteurs de la croissance mondiale, en l’occurrence les États-Unis, l’Allemagne et la Chine. Si la zone euro semble être l’une des régions qui a le plus pâti de ce retournement de tendance, du fait de sa forte dépendance des chaînes de valeur mondiales, le Maroc est loin d’être à l’abri de ces soubresauts et de ces incertitudes de l’économie mondiale. Le Royaume saura-t-il, alors, réagir face à ce nouvel avis de tempête?


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