La bataille des régions n'a pas eu lieu

La séance d’élection du président de la Région de Casablanca-Settat. - Photo : MHI La séance d’élection du président de la Région de Casablanca-Settat. - Photo : MHI

La volonté des électeurs s’est  clairement exprimée lors  du scrutin du 4 septembre  2015. Globalement, celle-ci  a prévalu dans des conditions qui  ont été relevées par les quelque  4.000 observateurs et par la communauté  internationale.


Les votants ont fait leur choix pour  désigner leurs représentants dans  les exécutifs de ces deux collectivités  territoriales. Les résultats  ont d’ailleurs varié entre le vote local et le vote régional. Preuve  que le corps électoral a délibéré  et choisi.


Combinaisons politiciennes
Mais ce qui s’est passé lors de  l’élection des présidents des  douze nouveaux conseils régionaux  et de leurs bureaux pose  problème: Pourquoi l’expression  des électeurs ne s’est-elle pas  vérifiée? Les résultats enregistrés  nourrissent en effet de fortes  interrogations qui pèsent sur la  perception qui, dès aujourd’hui,  entoure ces régions –ou à tout le  moins certaines d’entre elles.


Les accords respectifs des alliés de  la majorité et de ceux de l’opposition  n’ont pas en effet fonctionné  dans des conditions irréprochables.  Bien au contraire, il y a eu  des alléés et des venues d’un bord à l’autre et même au sein de  chaque camp. A telle enseigne que  tout cela donne déjà le sentiment  d’une “cuisine” que n’acceptent  pas les électeurs.


À s’en tenir au seuls chiffres, le  PJD aurait dû avoir en principe 3  région (il a obtenu 176 sièges, soit  25,66%); il n’en a eu que deux  (Rabat et Drâa-Tafilalet). Le PAM,  lui, a décroché cinq régions (Tanger-  Tetouan-Al Hoceima, Beni Mellal-  Khénifra, Casablanca–Settat,  Marrakech-Safi et l’Oriental) alors  que son quotient n’était que de  deux (132 sièges, 19,57%). Pour  le reste, il n’y a pas de grand différentiel  entre les sièges obtenus par  les partis (RNI, PI, MP) et la présidence  de régions, respectivement  deux, deux et une.


Ces variations pénalisant le PJD et  avantageant le PAM ne sont pas de  nature à convaincre les électeurs  que leur vote est bien utile. Elles  jettent également une lumière  crue sur le décalage qu’il y a, dans  certains partis, entre leur discours  officiel se voulant déontologique  et attaché à des principes et sa  traduction dans des combinaisons  politiciennes.


Le PAM se taille, ou plutôt s’octroie,  la part du lion. Ses cinq  régions sont celles qui, exception  faite de celle Rabat-Salé-Kénitra,  sont celles qui ont le plus fort  potentiel économique et représentent  plus de 70% du PIB national.  Ce parti sera-t-il à la hauteur de sa  mission de promotion d’une régionalisation  avancée?.


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