Lachgar refait le plein de confiance

60ÈME ANNIVERSAIRE DE L'USFP

Malgré des résultats électoraux sur la pente descendante, le premier secrétaire du parti de la rose croit encore en un avenir pour les siens.

Le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, est catégorique: «ceux qui», selon lui, «ont parié sur la fin de» son parti «se sont lourdement trompés». «Ils doivent constater que l’USFP compte aujourd’hui parmi les acteurs principaux dans le champ politique national», a-t-il affirmé. L’occasion de son propos, c’est une interview accordée fin octobre à l’hebdomadaire Al-Ayyam, alors que l’USFP commémore, à partir de ce mois de novembre et ce jusqu’au mois de mars, le soixantième anniversaire de sa création. Méthode Coué ou M. Lachgar croit-il vraiment à ce qu’il dit? Un peu des deux, sans doute.

Car d’un côté, l’on ne peut nier que sous les commandes de M. Lachgar, qui dirige le parti depuis décembre 2012 et avait été réélu au Xe et dernier congrès tenu dans la ville de Bouznika en mai 2017, l’USFP a recommencé à jouer les premiers rôles, après cinq années quelconques dans l’opposition: il fait, depuis avril 2017, partie du gouvernement de Saâd Eddine El Othmani, où il dirige actuellement le ministère de la Justice en la personne de Mohamed Ben Abdelkader, et le parti de la rose occupe même désormais le perchoir de la Chambre des représentants, dont le président n’est autre, depuis janvier 2017, que le président de sa commission administrative, à savoir Habib El Malki.

Difficile, toutefois, de ne pas relever la perte de vitesse observée au niveau des divers scrutins organisés ces dernières années: aux communales du 4 septembre 2015, l’USFP avait perdu plus de 8% de ses sièges, passant de 3.226 élus à seulement 2.656, puis son nombre de députés a baissé de 19 aux législatives du 7 octobre 2016 et il est même passé à un cheveu de perdre son groupe parlementaire, puisqu’il avait obtenu 20 sièges pile-poil, soit le minimum requis. De plus, pour assurer son contrôle sur le parti, M. Lachgar a fait le vide autour de lui et imposé ses hommes à la tête des différents organes que sont la Jeunesse ittihadie, sa section jeunesse, et la Fédération démocratique du travail (FDT), son bras syndical; ce qui n’a pas manqué de provoquer de nombreux départs et même une scission qui avait donné lieu, en juillet 2015, à la naissance du parti de l’Alternative démocratique (AD), finalement interdit un an plus tard par le ministère de l’Intérieur.

Le sursaut repoussé
A cet égard, la cérémonie tenue le 29 octobre au Théâtre national Mohammed-V de la ville de Rabat justement à l’occasion du 60ème anniversaire, a été plus qu’éloquente, dans la mesure où plusieurs figures du parti, à l’instar de l’ancien Premier ministre et ancien premier secrétaire Abderrahmane Youssoufi, ont préféré faire acte d’absence, en dépit de l’importance historique du moment. De même, le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), bien que représentés, n’ont diligenté que des seconds couteaux au lieu de leurs secrétaires généraux; ce qui en dit également long sur les rapports de M.

Lachgar non seulement avec sa propre famille politique, mais également avec ceux censés être ses alliés. Ce dernier a, quoi qu’il en soit, d’ores et déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas à sa propre succession pour le congrès prévu l’année prochaine, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les ambitions qui commencent à s’afficher ici et là risquent bien de diviser le parti davantage que de le servir et, éventuellement, repousser son sursaut au-delà des législatives prévues en 2021...


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