L’Administration américaine de lutte contre la drogue s'installe au Maroc

CRÉDIT PHOTO: DR CRÉDIT PHOTO: DR

Le trafic de tous les dangers


Criminalité. Constatant que le Maroc est devenu une véritable plaque tournante pour le trafic de drogue, l’Administration américaine en charge de la lutte contre la drogue (DEA) va ouvrir un bureau à Rabat. Un bureau régional qui va couvrir les autres pays de la région.

Le trafic de drogue a pris des  proportions alarmantes au  Maroc. D’où l’initiative de  l’Administration américaine pour la  lutte contre le trafic de drogue (DEA)  d’ouvrir un bureau régional à Rabat.  Le lancement officiel de ce bureau  est prévu début juillet 2015. Il aura  pour tâches, entre autres, d’aider les  autorités marocaines à traquer les  trafiquants de drogue et démanteler  leurs réseaux.


Selon un expert américain de  la DEA, l’implantation de cette  Administration américaine au Maroc  répond d’abord à une demande des  autorités marocaines, mais aussi à  un constat selon lequel le Maroc  et toute la région de l’Afrique du  Nord semblent connaître un trafic  prospère des stupéfiants. Si cet  expert ne donne aucune indication  précise quant à l’ampleur de ce trafic  au Maroc, il explique cependant  que, depuis quelques années,  notre pays est devenu une véritable  plaque tournante de ce trafic.


La drogue dure (cocaïne et  héroïne) en provenance des pays  de l’Amérique latine transite  désormais par l’Afrique centrale  puis par l’Afrique du Nord, dont le  Maroc, avant d’être acheminée vers  l’Europe.


Réseaux tentaculaires
Ce circuit a drainé plus de 100  milliards de dollars en 2014. Le  Maroc, à lui seul, a concentré plus  de 10 milliards de dollars. Mais là où  notre pays demeure certainement  le champion dans la région, c’est  dans le trafic de la drogue douce  (cannabis). Ce trafic est très prospère  dans le nord du pays. Il génère plus  de 30 milliards de dollars selon les  dernières statistiques de l’ONU.


Autour de ce trafic se sont développés des réseaux tentaculaires qui ont  des ramifications multiples au  Maroc et à l’étranger. Si le Maroc a  demandé l’aide logistique des Etats-  Unis, c’est parce que ce trafic des  stupéfiants constitue un réel danger  pour le pays.


Outre son impact social sur les  jeunes générations menacées de  toxicomanie, le trafic de drogue  draine désormais beaucoup  d’argent par lequel on finance le  terrorisme. Et qui dit terrorisme  dit trafic d’armes. Ce triptyque  (trafic de drogue, terrorisme et  trafic d’armes), aux conséquences  dévastatrices sur la sécurité de  toute la région, inquiète au plus  haut point les Américains, qui y  voient une réelle menace pour leurs  intérêts.


Avant Rabat, l’Administration  américaine en charge de lutter  contre la drogue est également  présente à Lagos (Nigeria), Pretoria  (Afrique du Sud), Caire (Egypte),  Dakar(Sénégal) et Nairobi (Kenya).  La DEA possède 237 bureaux  d’investigation et 80 agences  étrangères réparties dans 58 pays.  Elle emploie actuellement plus de  18.800 personnes, dont plus de 5.300  agents spéciaux; plusieurs de ceuxci  devant infiltrer clandestinement  les réseaux criminels à l’étranger  et sur le sol américain. Ses agents  sur le terrain sont armés. Sa flotte  aérienne à l’origine se composait de  24 avions et de 41 pilotes; en 2008,  elle est de 104 avions et 124 pilotes.


Laisser un commentaire