Latifa Akharbach présidente de la HACA


Une femme à poigne


À l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), où elle a enseigné pendant plus de douze ans avant d’occuper le poste de directrice de septembre 2003 à mai 2007, Latifa Akharbach a laissé le souvenir d’une bosseusse inlassable. Nommée ce lundi 3 décembre 2018 présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) par le roi Mohammed VI, l’ancienne secrétaire d’État aux Affaires étrangères et à la Coopération et ancienne ambassadrice du Royaume en Bulgarie et en Macédoine et en Tunisie sait, pour le moins, se faire apprécier.

«Elle était proche de tout le monde, connaissait tous les noms. On a rarement eu quelqu’un à la tête de l’ISIC qui a autant fait l’unanimité,» témoigne un journaliste qui l’a connue en tant qu’étudiant et dont les propos résonnent dans plusieurs bouches. Cette unanimité, Mme Akharbach l’a aussi, et surtout, obtenue à la force du poignet, puisqu’elle est réputée stakhanoviste avant toute chose.

Aussi bien à l’ISIC qu’au sein du corps diplomatique, elle a généralement laissé le souvenir d’une femme que le travail n’effraie pas. Une façon d’être et de faire qui l’a d’abord propulsée à l’avant-scène journalistique dans la première moitié des années 1990 en tant que membre de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie éco -en plus d’un intermède d’une année au début des années 1980 au défunt quotidien Al-Maghrib pendant ses années d’études à l’ISIC-, avant de lui permettre de se faire remarquer par le Palais, qui l’adoube. «Elle fait partie de cette génération de commis de l’État qui a le même âge pratiquement que le Roi et qui a été amenée, de par ses qualités, à occuper les plus hautes fonctions dans le nouveau règne,» décortique un observateur. Née en 1960 dans la ville de Chefchaouen, Mme Akharbach semble se destiner, pendant sa prime jeunesse, à une carrière scientifique.

Une chercheuse reconnue
Elle obtient haut la main en 1978, dans la ville de Marrakech, son baccalauréat mathématiques et s’inscrit dans la foulée à la faculté de médecine. Mais au bout d’une année, elle décide de s’orienter vers le journalisme, insatisfaite par la perspective d’une carrière en blouse blanche.

En 1983, elle sort major de promo de l’ISIC, qui s’appelle encore l’Institut supérieur de journalisme (ISJ), et prend la route de la France où elle obtient cinq ans plus tard, en 1988, un doctorat en sciences de l’information et de la communication à l’Institut français de presse (IFP) après avoir soutenu sa thèse sur la presse des partis politiques de gauche au Maroc depuis l’indépendance.

Coauteure, en 1992, des ouvrages Femmes et politique et Femmes et médias avec la journaliste Narjis Rerhaye -également nommée, au passage, au Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA)-, Mme Akharbach est aussi une chercheuse reconnue dans le domaine des médias et de la communication. Nul doute que la HACA gagnera beaucoup de sa présence à sa direction.

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