Le Maroc s'achemine vers un régime de change plus flexible

Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances. Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances.

Après le réaménagement  du panier de cotation du  dirham en avril 2015, le  Royaume entame une phase de  transition délicate d’un régime de  change administré vers un régime  de change plus flexible. Certes les  conditions actuelles de l’économie  marocaine militent en faveur d’une  telle transition. À commencer par le  rétablissement des équilibres macroéconomiques.  Ce qui, néanmoins,  reste insuffisant si d’autres prérequis  ne sont pas satisfaits comme  des finances publiques saines, un  niveau confortable des réserves de  change, un développement d’un  marché des changes profond et  liquide, et surtout une solidité du secteur bancaire, notamment à  travers une meilleure supervision  par les banques des risques de  change.


Les experts du Fonds Monétaire  International (FMI) et de la Banque  mondiale, et à leur tête Jean-Pierre  Chauffour, économiste principal de  la Banque mondiale pour la région  MENA, croient dur comme fer que  «le régime de change flexible ne  pourrait que permettre au taux de  change de trouver en permanence  son juste prix en fonction des  politiques, mais aussi des aléas  économiques internes et externes».


Fonds propres
Reste à savoir si la conjoncture  économique favorable en termes  de réduction des déficits du budget  et de la balance des transactions  courantes durera autant que  nécessaire pour les années à  venir. Permettant non seulement  un accroissement des réserves de  change mais aussi un plus grand  renforcement par les banques de  leurs fonds propres pour mieux gérer les risques de change. Ainsi, c’est de  la capacité de l’économie marocaine  à trouver les leviers les mieux  adéquats pour s’ajuster aux chocs  extérieurs que dépendra en grande  partie une libéralisation réussie du  régime de change marocain.


Or, jusqu’ici, le Royaume n’est pas  encore arrivé à se mettre sur un  sentier de croissance économique  durable vu que sa compétitivité  laisse à désirer. Certes, nous dit  Mohammed Boussaid, ministre de  l’Économie et des Finances, lors  d’un ftour-débat organisé le 26  juin 2015 par notre confrère La Vie  éco, l’économie marocaine connaît  actuellement des transformations  structurelles annonciatrices d’un  début d’inflexion du modèle de  croissance marocain.


Transformations perceptibles  notamment, dit-il, au niveau du  taux d’ouverture de l’économie,  qui a atteint 63,6% en 2014,  au lieu de 51,2% en 2000. Une  économie résiliente qui se diversifie  en partie grâce à l’apparition de  nouvelles filières à l’export, comme  l’automobile, l’aéronautique,  l’offshoring. C’est d’ailleurs grâce  à l’émergence de ces nouvelles  filières que, pour la première fois  en 2014, un changement dans  la structure des exportations du  pays s’est produit: les ventes à  l’export de l’industrie automobile  dépassent celles des phosphates,  occupant ainsi la première place  des exportations, comme Boussaid  a tenu à le souligner.


Est-ce à dire qu’avec ces nouvelles  filières et avec un nouveau régime  de change plus flexible le Maroc  serait mieux à même d’intégrer  l’économie internationale? Seul  l’avenir nous le dira.


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