Le transport urbain cumule déficits, défaillances et insuffisances

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D’échec en échec. Le  transport collectif urbain  est l’un des domaines qui  illustre les défaillances des politiques  publiques décentralisées. Confié aux  communes, ce service urbain vital  charrie des décennies de bricolage.  D’autant plus que ni la privatisation  partielle, ni la multiplication des  petits et des grands taxis, ne  résolvent le problème.


Selon les données de la Direction  des régies, beaucoup d’opérateurs,  publics ou privés, sont déficitaires.  Ainsi, les pertes de M’dina Bus se  chiffrent à plus de 100 millions de  DH, celles de AUTASA à plus de 14  millions de DH, celles de la RATF  à plus de 15 millions de DH. Et en  moins de deux ans d’exploitation du  réseau de Rabat, Veolia s’est retiré  au profit de la Direction générale  des collectivités locales, relevant du  ministère de l’Intérieur.


A Casablanca, les problèmes de  circulation et de stationnement sont  en grande partie dus à la croissance  rapide du parc automobile qui est  passé de 500.000 en 2004 à 1,2  million dix ans plus tard. L’une  des solutions pour la désengorger  est d’encourager une plus grande  utilisation des moyens de transport  en commun. Mais c’est là où le bât blesse. Le tramway, mis en service  en décembre 2012, a marqué une  rupture avec la qualité de service  proposée jusque-là aux usagers,  mais il ne suffit pas à lui seul pour  répondre à tous les besoins de la  ville. C’est pourquoi les autorités se  sont activées ces dernières années  pour mettre à niveau l’offre de  transport, particulièrement celle des  autobus, qui assurent près de 15%  des déplacements au sein de la ville.


Laxisme des autorités
Mais la situation actuelle laisse  beaucoup à désirer: des bus en  mauvais état, des horaires rarement  respectés, un temps de déplacement  trop long… Le concessionnaire du  service M’dina Bus enregistre un  déficit structurel de 100 à 120 MDH  par an, même après l’entrée dans  le tour de table de la CDG, appelée  à la rescousse après plusieurs  tentatives de redressement vouées  à l’échec. Le laxisme des autorités  de la ville explique pourquoi cette  situation a trop duré. Ce n’est que  récemment que le Conseil de la ville  de Casablanca a adressé une mise  en demeure à M’dina Bus pour  “non-respect des clauses du cahier  des charges”.


Sur la période 2004-2013, M’dina  Bus n’aurait opéré que 47% des  investissements stipulés par le  contrat de délégation (sur un total de  plus de 1,2 milliard de DH). De même,  son taux de couverture du territoire  du Grand-Casablanca ne dépasse pas  les 45%. Pour M’dina Bus, la société  exploite 95% des lignes à perte, alors  que d’autres concessionnaires privés  (comme Chennaoui, Rafahia…)  continuent de desservir des lignes  commerciales à profit alors que leurs  contrats avec la ville sont censés  être expirés depuis des années.  L’absence de couloirs dédiés aux  bus est également déplorée par le  délégataire des services de transport  urbain. Le renflouement des caisses  de la société de 200 MDH pour  l’acquisition de nouveaux bus et  l’amélioration de la qualité du  service n’a rien changé au statuquo.


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