LES AMBITIONS DU RNI


Objectif 2021


Le secrétaire général du RNI veut se donner les moyens de faire de son parti le premier du pays.

Aziz Akhannouch est, visiblement, sûr de son fait. Aux prochaines législatives, prévues en 2021, le Rassemblement national des indépen- dants (RNI) fera cavalier seul, selon ce que son secrétaire général a révélé à la session ordinaire du parti tenue ce dimanche 27 janvier 2019 dans la ville de Rabat et baptisée du nom de Omar Bouaïda, ancien président du conseil de la région de Guelmin-Es-Semara décédé en novembre 2018 à Paris.

Il n’est même pas question d’une alliance avec l’Union constitutionnelle (UC), avec lequel ladite formation forme pourtant un seul et même groupe parlementaire à la Chambre des représentants depuis octobre 2016. «Nous avons les moyens de l’emporter,» nous confie une source proche du bureau politique du RNI. Confiance excessive? Il faut dire qu’à l’heure actuelle le RNI n’est que la quatrième force politique du pays derrière le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal (PI). Le premier cité compte même 84 députés de plus, soit 124 contre 40 pour le parti de la colombe.

Le PJD, pour rester à lui, et même le PAM avec ses 102 parlementaires à la première chambre, soit donc 62 de plus que le RNI, semblent au creux de la vague. Au cours des deux dernières années, le parti de la lampe n’a gagné que deux élections partielles, en septembre 2017 à Tétouan et en décembre 2017 à Inezgane, et a même perdu son siège à Boulemane au profit de son allié du Parti du progrès et du socialisme (PPS), puisqu’il comptait initialement 125 députés.

Pour sa part, le PAM traverse depuis sa défaite aux législatives d’octobre 2016, qu’il espérait gagner face au PJD, une véritable crise interne qui a conduit à la démission, en août 2017, de son secrétaire général emblématique, Ilyas El Omari, et son remplacement en mai 2018 par Hakim Benchamach, lequel est très contesté et a dû céder une partie de ses pouvoirs, le 6 janvier 2019, au président de la région de Marrakech-Safi, Ahmed Akhchichine. Beaucoup de PAMistes ont au passage, au cours des derniers mois, rejoint le RNI.

Stratégie médiatique
Ce dernier semble donc se retrouver face à un boulevard. Sentant sans doute le danger, beaucoup de dirigeants du PJD se sont attaqués au cours de l’année écoulée au RNI. L’ancien secrétaire général du parti et ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a même invité M. Akhannouch à se retirer de la politique, car selon lui ce dernier n’est pas né pour en faire. Questionné d’ailleurs lors de la session ordinaire de sa formation, le secrétaire général du RNI a répondu qu’il n’avait rien à rétorquer et que ce qui lui «importe, c’est le citoyen». Selon diverses sources, M. Akhannouch s’est, au cours des dernières semaines, attaché les services de divers spécialistes, dont un vétéran de l’armée britannique, afin d’élaborer sa stratégie médiatique dans la perspective des législatives. Des journalistes de renom auraient également rejoint son staff. Suffisant pour passer l’épreuve des urnes?.

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