Les banques participatives arrivent

Saïd Amaghdir et Omar Amine. Exercer la finance islamique au Maroc. Saïd Amaghdir et Omar Amine. Exercer la finance islamique au Maroc.

Il a fallu beaucoup de temps  pour que Bank Al-Maghrib se  décide à autoriser la création de  banques participatives au Maroc.  Maintenant, c’est chose faite,  puisque le législateur s’est rattrapé  en promulguant le 22 janvier 2015  la nouvelle loi 103-12. Une loi qui  introduit non seulement un cadre  global de la finance participative  et la création d’institutions dédiées  mais aussi une réelle diversification  des modes de financement et des  ressources financières à travers les  “sukuks” (titres représentatifs d’actifs  réels), les fonds d’investissement, les  Organismes de Placement Collectif  des Valeurs Mobilières (OPCVM) et les  indices boursiers. Un corpus juridique  qui offre toutes les garanties pour les  différents opérateurs de la finance  “halal”.


Meilleure mise en place  Près d’une vingtaine d’institutions  nationales et étrangères ont jusqu’ici  manifesté leur intérêt pour exercer  la finance islamique sur le marché  marocain. Elles n’attendent,  d’ailleurs, que la publication  prochaine au Bulletin officiel de la  circulaire d’application. Circulaire qui  précisera les modalités d’agrément  aux établissements bancaires et  organismes assimilés, pour qu’ils  puissent effectivement commencer à  déposer leurs candidatures. Certaines  d’entre elle ne manqueront pas  d’être agréablement surprises.  En effet, selon Abdellatif Jouahri,  gouverneur de Bank Al-Maghrib, les premiers agréments pour la création  de banques participatives au Maroc  seront délivrés début 2016. Tout est  mis, donc, en oeuvre, pour assurer  une meilleure mise en place de la  finance participative.


À commencer  par le travail collectif fourni  conjointement par l’Association  professionnelle des sociétés de  bourse (APSB), que dirige Omar  Amine, et l’Association marocaine  pour les professionnels de la finance  participative (AMFP), que préside  Said Amaghdir.  En effet, ces deux associations vont  bientôt adresser aux autorités du  marché boursier leurs propositions  pour le modèle d’indice conforme  à la sharia (indice “Sharia  Compliant”), adapté à la bourse des  valeurs de Casablanca. «La création  d’un tel indice apportera une vraie  valeur ajoutée au sein du marché financier national», souligne avec  force M. Amaghdir.


A l’instar des indices boursiers  conventionnels, les indices “Sharia  Compliant” consistent en des  portefeuilles de titres financiers  sélectionnés et pondérés suivant  des critères bien déterminés.  Les promoteurs de ces indices ainsi  que des autres produits bancaires  compatibles avec la sharia comme  les contrats Moucharakat (contrats  de participation), les contrats  Mouawadat & Bouyou’e (contrats  de transaction), les sukuks (contrats  de titrisation) et autres sadaqat  (dons & gratuités) s’attendent à  ce que ces vecteurs créent une  nouvelle dynamique au sein du  marché financier national, ou tout  au moins favoriser l’amélioration  de l’inclusion financière. Avec un  taux de bancarisation de 62%,  la finance islamique permettra,  disent-ils, d’attirer les clients  qui boudent encore les banques  conventionnelles.


Laisser un commentaire